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 Biographie de Léon Denis

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choub

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MessageSujet: Biographie de Léon Denis   Mer 11 Fév - 22:42

LEON DENIS

L’APÔTRE DU SPIRITISME
SA VIE, SON ŒUVRE


Synthèse du livre de Gaston LUCE
par Lucette D’AMICO



Léon DENIS est né le premier janvier 1846 à FOUG, localité de l’arrondissement de TOUL. Son père, Joseph DENIS, était maçon. Sa mère, Anne-Lucie LIOUVILLE, de souche paysanne, était née à MENIL LA HORGNE, commune de GONDREVILLE. Les noces eurent lieu à FOUG le 3 avril 1845.

A l’âge de neuf ans, il vient se fixer à STRASBOURG avec sa famille. C’est donc à STRASBOURG, au cours privé de Monsieur HAAS, que le petit Léon fait ses débuts d’écolier.

Nouveau déménagement à BORDEAUX, où Léon doit interrompre ses études pour aider son père. En 1857, celui-ci obtient un poste de chef de station de MORCENX dans les LANDES et Léon reprend le chemin de l’école.

Son nouveau maître, disciple de Jean Jacques ROUSSEAU, instruit son élève en l’emmenant en promenade : celui-ci devait garder toute sa vie un souvenir ému de ce contact direct avec les choses.

Nouveau déménagement à MOUX. Léon supplée aux manquements paternels, laissant les chers livres qu’il affectionne. Il s’occupera des télégrammes et de la comptabilité.

En 1862, la famille s’installe à TOURS. Léon travaille dans une faïencerie ; il passe dans une autre maison de commerce où il travaille aux écritures. Menant de front sa tâche du jour et ses études, notre Léon n’a de loisirs que pour la plus austère des maîtresses, “ celle qui veille sous la lampe devant les pages des livres ”. Le problème que d’ordinaire l’homme ne se pose que dans les heures d’affliction ou de maladie grave et qu’il s’empresse d’oublier dès que le destin lui sourit, Léon en saisit l’importance capitale. L’homme se rue au plaisir, s’enivre de sensualité pour échapper à l’idée de la mort sans arriver jamais à l’éluder.

Qu’est-ce que la sagesse ? C’est apprendre à mourir, dit PLATON.

Qu’est-ce que la vie ? C’est une méditation de la mort ”, dit SENEQUE.

Ainsi le jeune étudiant aborde de front l’énigme où tant de hautes spéculations se sont heurtées.
Au cours de sa dix-huitième année, le hasard qui fait bien les choses désigne un jour à son intention un ouvrage au titre inusité, troublant. C’est LE LIVRE DES ESPRITS d’Allan KARDEC.
Rencontre providentielle.

Après avoir mené quelques expériences avec des amis, il commence à chercher des preuves, des faits précis. Ceux-ci sont loin de le satisfaire, et il aurait renoncé s’il n’avait été soutenu par une théorie solide et des principes élevés. Et il ajoute ces mots qu’apprécieront les vrais spirites :

"Il semble en effet, que l’invisible veuille nous éprouver, mesurer notre degré de persévérance, exiger une certaine maturité d’esprit avant de nous livrer ses secrets".

Léon DENIS en est là de ses travaux et recherches lorsqu’un événement important se produit dans sa vie. Allan KARDEC était venu passer quelques jours chez des amis, et tous les spirites tourangeaux avaient été conviés à venir le saluer. C’était en 1867. Il devait le revoir deux fois encore, en son logement rue Sainte Anne à PARIS, puis à BONNEVAL.
C’est après le passage du Maître que sera fondé, à TOURS, le groupe de LA RUE DU CYGNE, dont il deviendra secrétaire.
J’appris par là, combien il est dangereux de se livrer à l’expérimentation spirite sans préparation, sans protection efficace et ces exemples me rendirent circonspect.

Léon DENIS a 24 ans en 1870, c’est alors la guerre. D’abord exempté du service à cause de sa mauvaise vue, il doit quand même rejoindre les réservistes auxquels le pays fait appel après des combats désastreux. Il rejoint alors à la ROCHELLE le 26ème corps d’armée. De suite, il est nommé sergent au 1er bataillon et dira :
"dans l’espace de six mois, je devins successivement sous-officier, major, sous-lieutenant et je serais encore monté en grade si la paix n’était survenue".
Un sergent de sa compagnie étant médium, en février 1871 il convie celui-ci et quelques camarades à venir expérimenter. Le 24 du mois le groupe reçoit la communication suivante :
L’Allemagne et la France attendent avec anxiété le résultat des négociations, elles attendent l’heure tant espérée de la paix où toutes les familles connaîtront ceux qui manquent à l’appel du cœur d’une mère ou d’un frère.
Ceux-ci maudiront, dans les deux nations, les tyrans qui leur ont enlevé leur soutien et leur seul espoir. Alors à vous de profiter de ces choses pour éclairer vos frères. Faites leur voir la grandeur de Dieu. Priez, consolez la souffrance. En un mot, faites le bien.

Le 28, un message sur les “mondes célestes” se termine par cette phrase prophétique qui a mis un demi siècle à se réaliser : "Mes amis, un fait solennel s’accomplit en ce moment selon le désir des hommes. C’est la paix qui vient d’être signée et dans quelques jours vos familles vous tendront les bras. Avant peu d’années, la Prusse à son tour sera anéantie, humiliée. Priez, priez".

Servi par un don naturel pour l’élocution, il s’entraîne à la parole ; orateur écouté de la Loge Maçonnique des Démophiles, il y effectue un travail considérable.
Le groupe de LA RUE DU CYGNE à TOURS s’est renforcé d’une recrue notoire : le Capitaine HARMANT. Les séances reprennent avec un nouvel entrain chez le Docteur AGUZOLY. A son contact, Léon DENIS, qui était déjà médium écrivain, devient voyant. Il reconstitue à l’état de veille des scènes impressionnantes de l’histoire médiévale et de l’histoire ancienne.
SORELLA est le bon génie. DURAND, “ l’Esprit contrôle ”.
Les belles séances de LA RUE DU CYGNE devaient continuer chaque semaine jusqu’en 1877. Dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier 1873, une assemblée nombreuse d’esprits emplit tout à coup la salle dont les murs et le plafond se couvrent d’étincelles fluidiques.
C’est le 19 février 1873 que Léon subit ses premiers examens devant cinq maîtres spirites. Assisté par SORELLA, il lit son deuxième discours. “ Tout est bien”, lui dit-on, “ "à part quelques points de détails".
Les progrès accomplis sont sensibles et justifient les espoirs que l’on a mis en toi.

Le 17 mars, il parle du matérialisme en séance privée devant les Démophiles ; son précédent discours traitait du patriotisme, le troisième sera une apologie du spiritisme.
Malheureusement, avec le temps ses idées spiritualistes ne seront plus suivies.

Autour de Léon DENIS, c’est partout, jusque dans sa famille, l’incompréhension, l’hostilité même. Lui-même voit de plus en plus difficilement et sa santé s’affaiblit. Heureusement, l’ange consolateur lui verse le baume dont il a tant besoin et l’encourage. Son fidèle guide, à son tour, lui apportera son secours moral : “ On n’arrive à la foi pleine et entière ”, dira-t-il, “ que par une lente et douloureuse initiation.

Le 31 juillet 1873, une révélation lui est faite. Dans ses vies antérieures, il pénètre le secret qui doit illuminer toute sa destinée : il retrouve dans SORELLA une incarnation de Jeanne D’ARC à laquelle il consacrera une majeure partie de sa vie et de son oeuvre.
Le 20 août de la même année, Léon DENIS et ses amis, AGUZOLY et le Capitaine HARMANT, apprennent dans quelles circonstances se fit jadis leur première rencontre, à l’issue d’un combat naval sous Louis XIV.

A partir de 1876, Léon DENIS va beaucoup voyager.
Il effectue de multiples voyages pour affaires commerciales, ce qui lui permet de rencontrer comme il l’avait toujours désiré d’autres paysages, d’autres hommes, d’autres moeurs. C’est à pied, bâton à la main tel un pèlerin qu’il traverse la France ; il visite aussi la KABYLIE, la TUNISIE, la SARDAIGNE, la CORSE, l’ITALIE.
Il publiera d’intéressants récits tirés de ses voyages.
Ses premières publications datent de 1880 : d’abord TUNIS ET L’ILE DE SARDAIGNE, puis deux nouvelles : LE MEDECIN DE CATANE et GIOVANNA.

L’opuscule LE PROGRES publie, sous les auspices de la ligue de l’enseignement, le texte d’une de ses premières conférences ; cette thèse, “ Loi de solidarité qui relie tous les temps et toutes les races”, demande à être éclairée.
Le 31 mars 1881, on lui demande de prononcer l’hommage traditionnel sur la tombe D’Allan KARDEC au cimetière du Père Lachaise.
Le 2 novembre 1882, jour des morts, un événement capital se produit dans sa vie. Celui qui devait être son guide pendant un demi siècle, son père spirituel Jérôme De PRAGUE, se communique à lui pour la première fois dans un faubourg du MANS, où Léon se trouve de passage. Au mois de mars suivant, Jérôme l’assure d’une assistance qui ne devait pas se démentir un seul jour :
"Va, mon fils, dans le sentier ouvert devant toi, je marche derrière toi pour te soutenir"

En décembre 1882 il prend part aux travaux du congrès chargé d’enregistrer la fondation de la société des études spirites.
Le Docteur JOSSET préside la réunion, assisté de Messieurs CHAIGNEAU et DELANNE père, comme secrétaires ; Monsieur LEYMARIE en est l’animateur.
Le Docteur JOSSET souligne combien la présence de Léon DENIS est précieuse en un tel jour où devait s’affirmer la solidarité des spirites provinciaux et parisiens : “ ce que nous pouvons rendre, en écrivant ”, dit le compte-rendu de la séance, “ c’est la chaleur, l’inspiration, la majesté du langage de l’éminent conférencier
Les dirigeants, on le devine, désirent s’attacher un orateur de cette envergure.

En novembre 1883, il est au groupe régional du MANS pour la fête des morts. A ROCHEFORT, le 14, il parle des “ existences progressives des êtres ”. Les conférences se poursuivent, à COGNAC le 16, puis à AGEN.

En 1885, dans LE POURQUOI DE LA VIE, il dit :
C’est à vous, ô mes frères et soeurs en humanité, à vous tous que le fardeau de la vie a courbés, à vous que les âpres luttes, les soucis, les épreuves ont accablés que je dédie ces pages.
La brochure remporte un grand succès.

Dès le mois de Mai 1885, il est vice-président de l’Union Spirite Française, fondée le 24/12/1882 et Membre d’Honneur de multiples sociétés, notamment de l’Union Spirite de Catalogne.

1886 : décès de son père, Joseph DENIS.

En 1889, pour le congrès spiritualiste international, les principales écoles spiritualistes sont réunies : les KARDECISTES, les SWEDENBORGIENS, les THEOSOPHES, les KABALISTES et les ROSES CROIX.

Au cours de discussions fort animées, le jeune maître apparaît pour la première fois comme le plus sûr mainteneur de la thèse kardéciste. Il est président du comité de propagande.

Dans son compte-rendu de la revue L’ETOILE, que dirige alors René CAILLE, L’Abbé ROCCA, cœur brûlant de foi christique, s’exprime ainsi : Je dois mentionner les chaleureuses improvisations de Monsieur DENIS de TOURS qui a pris la parole plus de trente fois, toujours avec le même bonheur. Je me rappelle, en l’écoutant, cette promesse de Jésus-Christ : Quand vous aurez à rendre témoignage de moi, ne vous préoccupez pas de ce que vous devez dire. L’esprit sera là qui vous suggérera tous vos discours.

Léon fait paraître fin 1890 un texte intitulé APRES LA MORT. Malgré de louables efforts, il n’a pu condenser le tout en 300 pages comme il avait prévu de le faire, mais personne n’a jamais songé à s’en plaindre.
Les critiques seront élogieuses, par exemple cet extrait des registres des “ messages ” par incorporation à TOURS :
Je veux parler du temps qui s’écoule entre les épreuves imposées et la récompense. Je dois le redire, tout charme dans ces pages malgré la gravité du sujet.
Monsieur DUCASSE-HARISPE dit également : Tout livre est bon qui nous incite à devenir meilleur. Lisez ce livre. Il est d’une philosophie sereine et profonde. C’est un livre qu’on garde et qu’on relit.
On peut noter encore le témoignage de cet homme qui vient de perdre sa femme, athée comme lui. Il rentre en lui-même et médite, scrute les mystères, les religions, lit les philosophes et écrit :
Je n’étais pas sans savoir, d’une façon générale en quoi consistait le spiritisme, mais lorsqu’on est bien portant avec devant soi des années, pourquoi s’embarrasser de ces questions de l’au-delà ?
On a parfois, devant l’immensité des mondes, l’intuition d’une intelligence créatrice.
Dieu ne fait en nous que de fugitives apparitions. On pense à vivre et tout à coup, la Mort. J’ai lu Allan KARDEC, d’autres traitant des questions spirites.
J’ai lu APRES LA MORT et j’ai pleuré les plus douces larmes de ma vie. On nous a dit, des écrivains, des journalistes, des penseurs vous ont écrit que c’était là un très beau livre. Ce n’est pas cela. Ce livre, je voudrais être riche pour l’éditer par millions et le voir dans toutes les mains, sur toute la terre. Rien ne sera jamais écrit dans aucune langue qui soit si grand et si beau.

A partir de 1889 commencent de grandes tournées de conférences.

En 1890, il prépare un nouvel ouvrage : LE MATERIALISME ET LE SPIRITUALISME EXPERIMENTAL DEVANT LA SCIENCE ET DEVANT LA RAISON.

En 1891, autre tournée de conférences dans le midi, puis en Normandie.

Jean JAURES, alors professeur de philosophie et adjoint au Maire de Toulouse, lui ouvre la salle de conférences de la faculté des lettres.

En 1892, La Duchesse De POMAR l’invite pour parler de spiritisme à ses matinées célèbres qui réunissent le Tout-Paris. Léon DENIS accepte : l’auteur d’APRES LA MORT est maintenant classé comme un écrivain de premier ordre.
Suit un cycle de conférences en Belgique en 1893.
La même année, à LYON, il développe le thèmes des croyances et des négations de son époque : LE SPIRITISME DEVANT LA RAISON. Cette même année à BORDEAUX, la presse locale refuse d’annoncer les conférences. Elles eurent lieu tout de même dans la salle des fêtes de la brasserie des chemins de fer, devant un millier d’auditeurs dont beaucoup de Magistrats, de Prêtres.

En 1894, les mêmes conférences remportent un éclatant succès, toujours à BORDEAUX, mais cette fois dans la salle de l’Athénée.
Rien ne rebute Léon DENIS, soldat d’une cause qu’il a faite sienne.

Au début de 1895, on lui demande de parler de spiritisme dans le BORINAGE devant un auditoire composé de mineurs. Il aborde pour la première fois le SPIRITISME SOCIAL. Léon DENIS aime ces populations minières, frustres mais non dénuées de solides qualités.

Entre 1895 et 1896, il se consacre à différents exposés :
DU PROBLEME DE LA VIE ET DE LA DESTINEE
L’IDEE DE DIEU
LE MIRACLE DE JEANNE D’ARC.

1897 : Année record, puisqu’il effectue vingt-cinq conférences sur ces sujets.

1898 : A l’occasion du cinquantenaire du spiritisme, il élargit son champ d’action en parlant à la HAYE.

1899 : Encore quatorze conférences sur LE SPIRITISME DANS LE MONDE ET L’IDEE DE DIEU.

En 1900 il prend sept fois la parole à ALGER et continuera ensuite ses conférences en France avec toujours un énorme succès.

En 1903 : son sujet de prédilection sera Jeanne D’ARC.
Sa mère décédera cette année-là et ses obsèques auront lieu à TOURS le 19 novembre. Léon DENIS ne manquait jamais de lui écrire au cours de ses voyages pour la tenir au courant de ses succès ou de ses échecs oratoires. Lorsqu’il rentrait à TOURS rue de l’Alma il retrouvait grâce à elle l’ambiance paisible qui lui était nécessaire.
A VALENCE, quelques jours après, Henri BRUN et Henri SAUSSE, les dévoués dirigeants de la fédération lyonnaise, viennent lui exprimer la profonde sympathie de leurs adhérents.
Ainsi, chaque année Léon DENIS s’impose la fatigue de ces tournées continuelles, au sein d’auditoires mêlés où il doit répondre aux sarcasmes d’adversaires plus ou moins loyaux.

Cinq conférences en 1905, six l’année suivante, huit en 1907.
1908 marque la fin de cette longue étape oratoire répartie sur trente-cinq années, et comprenait près de trois cents conférences.
Le pays tout entier avait donc été à même de cueillir le bon grain de la révélation.

En 1890, Monsieur PERINNE, Magistrat à la cour d’appel d’ALGER et LEJEUNE, intendant de l’armée à METZ, viennent s’installer à TOURS. Tous deux sont spirites. C’est avec leur concours que Léon DENIS forme le groupe de LA RUE DU REMPART. Bien des guides se révélèrent au groupe, anonymes ou intimes, mais les deux principaux inspirateurs du groupe sont Jérôme De PRAGUE et L’ESPRIT BLEU.
Jérôme fournit au groupe les enseignements philosophiques, élucide les points obscurs, explique les contradictions apparentes de notre doctrine. Son désir est de voir fusionner le spiritisme avec le christianisme régénéré, débarrassé de ses dogmes.
L’ESPRIT BLEU (ainsi nommé parce que les médiums le voient invariablement enveloppé d’un voile bleu) possède un rayonnement intense et remplace, au soir de la vie du Maître, la lumière qui se retire de son regard. Il donne des enseignements généraux relatifs surtout à la famille et à l’éducation des enfants.
L’ensemble constitue un enseignement complet, philosophique et moral, conforme aux principes exposés par Allan KARDEC, mais revêtant une forme plus éloquente et plus persuasive.

En août 1898, parution du livre CHRISTIANISME ET SPIRITISME
“ Nous savons ”, dit l’auteur dans sa première préface, “ tout ce que la doctrine du Christ contient de sublime ; nous savons qu’elle est par excellence une doctrine d’amour, une religion de pitié, de miséricorde, de fraternité parmi les hommes. Mais est-ce bien cette doctrine qu’enseigne l’Eglise romaine ? La parole du Nazaréen nous a-t-elle été transmise pure et sans mélange, et l’interprétation que l’Eglise nous donne est-elle exempte de tout élément étranger et parasite ?"
Tels sont les points que l’auteur se propose d’élucider en toute bonne foi.
L’ouvrage comprend quatre parties :
Les vicissitudes de l’évangile ;
La doctrine secrète du christianisme ;
Relations avec les esprits des morts ;
* La nouvelle révélation.
Son étude impartiale ne tend qu’à jeter un peu de lumière dans une question d’un intérêt capital. Pourtant les attaques lui viennent du côté catholique et protestant.

En exposant sa thèse, Léon DENIS n’obéit à aucun calcul, il sert l’idée qu’il croit vraie.
Du côté catholique on s’est mépris sur les intentions de l’auteur. Pourtant il a expressément déclaré dès l’introduction :
Ce n’est pas un sentiment d’hostilité ou de malveillance qui a dicté ces pages. De la malveillance, nous n’en avons aucune idée, pour aucune personne. Quelles que soient les erreurs ou les fautes de ceux qui se recommandent au nom de Jésus et de sa doctrine, ils ne peuvent diminuer le profond respect et la sincère admiration que nous avons pour la pensée du Christ.
Il écrit plus tard : Le christianisme porte en lui des éléments de progrès, des germes de vie sociale et de moralité qui, en se développant, peuvent produire de grandes choses, soyons donc chrétiens mais en nous élevant au-dessus des confessions diverses, jusqu’à la source pure d’où l’évangile est sortie. Le christianisme ne peut-être ni jésuite, ni janséniste, ni huguenot ; ses bras sont largement ouverts à toute l’humanité. Si de telles paroles ne peuvent satisfaire, dans son ensemble, le clergé catholique ou protestant, elles sont susceptibles de rallier un grand nombre de chrétiens.

Les journalistes de LA FRONDE et de LA REVUE DE LA FRANCE MODERNE sont favorables au livre. Le REFORMATEUR écrit :
Nous ne saurions donner au lecteur une idée, même affaiblie, de cet ouvrage extraordinaire, de la vigueur et de l’éloquence de ces pages où l’auteur a su déployer toute la lucidité de son âme de philosophe, de penseur et d’artistes et encore une fois le succès vient récompenser l’écrivain.

Au congrès du 16 septembre 1900 à PARIS, Léon DENIS est nommé président effectif assisté de Monsieur H. DURVILLE pour la section magnétisme, et Monsieur GILLARD pour la théosophie. Le Docteur ENCAUSSE (Paris) est maintenu dans ses fonctions de secrétaire.
Victorien SARDOU, RUSSEL, WALLACE et AKSAKOFF participent à ces deuxièmes assises spiritualistes, chacun au titre de président d’honneur.
Dès la séance d’ouverture. Léon DENIS exprime sa confiance dans les destinées du spiritualisme moderne. Il aborde les questions suivantes : Ce caractère particulier du spiritisme, quel est-il ?
Quelle sera l’action du spiritisme dans le domaine de la pensée ?

Monsieur Firmin NEGRE fait d’intéressantes déclarations sur les facultés médiumniques communes à tous les hommes. Léon DENIS, le Maître de Tours, a apporté sur ce point une contribution des plus précieuses. Le Docteur MOUTIN, président de la Société Française d’étude des phénomènes psychiques, apporte toute une série d’objections relatives à la thèse réincarnationiste. Léon DENIS déploie toutes les ressources de sa conviction s’appuyant sur la thèse kardéciste, qu’il estime capitale.
Il examine ensuite les théories contraires, ne laissant aucune objection sans réponses.
La doctrine de l’initiateur n’est pas sans subir des atteintes assez brutales, mais le disciple a tenu à préciser sa propre pensée devant tous.
Ce qui caractérise aujourd’hui le spiritisme, c’est le maintien des principes fixés par Allan KARDEC et son développement constant par les méthodes expérimentales.
Cependant, pour nous le spiritisme n’est pas tout en KARDEC ; le spiritisme c’est une doctrine universelle et éternelle, qui a été proclamée par toutes les grandes voix du passé sur tous les points de la terre et qui le sera par toutes les grandes voix de l’avenir.

Les plus grands problèmes seront abordés à ce congrès de 1900, dont cette question essentielle : “ Y a-t-il lieu d’affirmer l’existence de Dieu ?
Léon DENIS ne peut pas rester en dehors d’un tel débat. Il s’y jette avec toute l’ardeur et la foi de son âme d’apôtre. Vous ne pouvez pas séparer l’effet de la cause, vous ne pouvez pas séparer l’homme de DIEU. Et je dis plus encore : je dis : en dehors de DIEU, de l’affirmation de DIEU, il n’y a pas d’humanité. Parce que la notion d’humanité, n’est-ce pas ce fait que nous sommes reliés les uns aux autres par un lien puissant, reliés par une identité de nature d’origine et de fin ? Et tout cela est DIEU, tout cela vient de DIEU.
DIEU est le père de l’humanité : nous sommes tous ses enfants et c’est par cela que nous sommes unis les uns aux autres à jamais.
Puis plus loin : “ L’homme ne peut pas s’étudier et se connaître sans étudier DIEU, non pas en soi, mais dans les rapports que nous entretenons avec lui, et non seulement on le conçoit, mais on veut le servir.

Fermeté, bon sens et prudence alliés à une foi rayonnante, on ne peut qu’admirer tant de force brillante et sûre d’elle, jointe à tant de simplicité. De ce congrès de 1900, Léon DENIS sort encore grandi, avec au front la couronne de MAÎTRE.
A cette époque d’activité intense, la tâche du conférencier se double de celle de l’écrivain. Il publie en 1903 DANS L'INVISIBLE, ouvrage comprenant 500 pages de texte.
Une question requiert alors toute l’attention de Léon DENIS : celle de la médiumnité... Depuis la publication du LIVRE DES MEDIUMS d’Allan KARDEC, personne n’avait publié d’ouvrage décrivant les résultats de semblables recherches. Dans la première partie de l’ouvrage qui a trait aux lois du spiritisme expérimental, on trouve des vues nouvelles sur la psychologie féminine. Cela paraît osé en ce début de siècle. La deuxième partie est consacrée à la médiumnité en général, à sa pratique, à ses dangers, aux hypothèses et aux objections qu’elle soulève.
Le dernier paragraphe, “La Médiumnité glorieuse”, écrit dans une forme admirable, est comme soulevé par un souffle de haute et brûlante inspiration.

Au mois de juin 1905, les spiritualistes belges reçoivent à Liège pour participer à leurs travaux, à titre de président d’honneur, celui que l’on appelle déjà “ l’apôtre ”.
A partir de cette date, il aborde le PROBLEME DE L’ÊTRE ET DE LA DESTINEE.
L’intérêt vient de la parfaite analogie des messages des esprits avec les enseignements des philosophies et croyances les plus anciennes dont elle apporte une formule plus précise, plus conforme à nos goûts actuels.
Cet important volume de 500 pages reçoit un franc succès.

L’année suivante un scandale éclate chez les spirites parisiens. Un médium nommé MILLER résidant à SAN FRANSISCO donne des séances de matérialisations. Il a un don médiumnique indéniable avec en plus un talent accompli d’illusionniste. Les gens exercés ne sont pas longs à découvrir les supercheries, mais ils se taisent par politesse. Léon DENIS qui a parlé favorablement de MILLER se tient sur ses gardes et pousse le scrupule jusqu'à le prévenir de s’engager à renoncer à ses supercheries. MILLER nie tout. Léon DENIS n’hésite plus : il faut publier la vérité, l’article qu’il fait paraître est ferme et mesuré.
C’est au milieu de l’affaire MILLER que paraît LA VERITE SUR JEANNE D’ARC . Léon DENIS, que des révélations personnelles ont éclairé, ne cesse depuis sa jeunesse de méditer sur le mystère de la vie et de la mort de notre héroïne nationale.

Dès 1877, il aborde cette question et la reprend par la suite, dans LE GENIE DE LA GAULE et NOS VERITABLES TRADITIONS NATIONALES.

En 1896, il développe sa thèse en trois grandes conférences : Jeanne D’ARC, sa vie, son procès, sa mort ; Jeanne d’ARC, ses morts ; Jeanne D’ARC et le spiritualisme moderne . Des ouvrages, des essais contradictoires sont nés de ce mouvement d’idées.

En 1912 le livre paraît sous un titre nouveau : JEANNE D’ARC MEDIUM
Monsieur DEVIZES DU DESERT doyen de la faculté de CLERMONT FERRAND, après une étude de cet ouvrage écrit un magistral article dans le LIEN ; il termine l’article en opposant le livre de Léon DENIS à celui d’Anatole FRANCE ayant trait au même sujet :
Le livre de Monsieur DENIS est un beau et bon livre, comme le livre de Monsieur FRANCE est un mauvais et vilain livre.

Du 14 au 18 mai 1910 Léon DENIS est convié au titre de délégué de la France et du Brésil au congrès de BRUXELLES. Le Président, Monsieur Le CHEVALIER De CLEMENT De ST MARC, lui adresse dès la séance d’ouverture le témoignage de son admiration pour ses travaux.
Léon DENIS remercie dans une improvisation jaillie de son cœur d’apôtre.
Le 17 mai il prononce un de ses plus remarquables discours. Ceux qui ont eu le bonheur d’entendre le prestigieux orateur se souviendront de cette admirable fête de l’âme où l’apôtre du spiritisme en une langue superbe a enlevé son auditoire jusqu’aux plus hautes cimes de la pensée humaine.
La carrière du propagandiste prend fin sur ce brillant succès. Léon DENIS a soixante quatre ans.

En 1907, dans LA TRIBUNE une polémique retentissante va le mettre en cause dans une discussion qui dérive vers des fins politiques.
Mais voilà qu’à trois années d’intervalle, la provocation vient d’un jeune écrivain qui signe du pseudonyme : Paul NORD. Il s’autorise de certains passages du PROBLEME DE L’ÊTRE ET DE LA DESTINEE et prétend, de gré ou de force, enrôler le maître sous la bannière du Panmonisire. Léon DENIS proteste contre cet enrôlement forcé. Une mise au point définitive paraît, après plusieurs lettres dans la revue spirite de juillet 1910.
Peu de temps après, paraît LA GRANDE ENIGME ; “Dieu et l’univers”, suivi de “la loi circulaire”, “les âges de la vie” et “la mission du XXème siècle”.
Parmi les Pascal inquiets que hante l’insoluble solution de LA GRANDE ENIGME, Monsieur Léon DENIS a toute la ferveur hautaine d’un BOSSUET et de la persuasion doucement obstinée d’un FENELON
C’est dans ces termes que Monsieur J. J. BROUSSON présente l’ouvrage dans le matin du 14 juillet 1911.

Dieu et l’univers... où et comment ai-je songé à écrire ce livre ?
C’était un soir d’hiver, un soir de promenade sur la côte azurée de Provence. Le soleil se couchait sur la mer paisible, les rayons d’or, glissant sur la vague endormie, allumaient des teintes ardentes sur le sommet des roches et des promontoires, tandis que la mince croissant lunaire, montait dans le ciel sans nuages. Un grand silence se faisait, enveloppant toutes choses...
Et la voix me dit : publie un livre que nous t’inspirerons, un petit livre qui résume tout ce que l’âme humaine doit connaître pour s’orienter dans sa voie, publie un livre qui démontre à tous que la vie humaine n’est pas une chose vaine dont on puisse user avec légèreté, mais une lutte pour la conquête du ciel, une œuvre haute et grave d’édification, de perfectionnement, une œuvre qui régissent des lois augustes et équitables au-dessus desquelles plane l’éternelle Justice tempérée par l’Amour.
Sur cette trame s’enchaînent les chapitres de ce livre qui est un hymne à l’éternel.
DIEU - L’UNIVERS - LE LIVRE DE LA NATURE.

LA GRANDE ENIGME est suivi d’une offensive menée par le clergé catholique. On essaye d’atteindre le spiritisme par le ridicule. Les témoignages du monde savant s’inscrivent avec force contre une telle manière de voir et Léon DENIS ajoute :
La vérité est que d’excellents catholiques dans toutes les classes de la société, sont spirites. On rencontre nombre de prêtres, de religieux qui étudient cette science, assistent à des réunions et témoignent hautement de leur sympathie pour la doctrine ” et il cite des prélats illustres et il conclut après avoir démontré que les livres sacrés la vie des saints relèvent du spiritisme pur.

Consécutivement, une autre brochure d’études fut mise dans le commerce sous le titre de L’AU-DELA ET LA SURVIVANCE DE L’ÊTRE, annexe aux deux gros ouvrages : DANS L’INVISIBLE et LE PROBLEME DE L’ÊTRE.
C’est un raccourci suggestif, un tableau exact de la question de la survie. Le temps n’a point épuisé son succès.

En 1913, la société d’études psychiques de GENEVE assume le deuxième congrès universel. Il s’ouvre le 10 mai sous la présidence de Messieurs C. PIGUET, Léon DENIS et GABRIEL DELANNE qui partagent cette fonction.
L’ordre du jour de la séance d’ouverture a pour objet l’étude et la discussion “ du rôle du spiritisme dans l’évolution religieuse de l’humanité ” : question épineuse !
Le dernier orateur inscrit, Monsieur PHILIPPE, avocat à la cour d’appel de PARIS, démontre avec talent que le spiritisme ne saurait être une religion.
Léon DENIS intervient à son tour. Après avoir esquissé le problème de l’origine des religions, puis retracé à grands traits leur histoire, il étudie en particulier les phénomènes capitaux du christianisme, conclut :
"Le spiritisme seul peut établir le rapport entre la science et la religion ; le spiritisme, seul, peut être le trait d’union entre les croyances et la science. Et par quel procédé ? En fournissant à l’humanité une vraie philosophie, une notion philosophique exacte et positive de la nature de l’être, de son avenir et de la notion de l’au-delà, par les faits, ce qu’aucune religion ne peut faire actuellement, et par ce procédé, il dissipe cette angoisse terrible qui pèse sur l’esprit humain, l’angoisse de l’avenir, l’angoisse de la vie après la mort que les religions ne peuvent guérir."

Au banquet qui réunit les congressistes dans la salle de PLAINPALAIS, le 11 au soir, le Maître s’élève aux plus hauts degrés de l’éloquence, saluant l’hospitalière Genève “ Cité splendide, grand foyer intellectuel européen.

De GENEVE Léon DENIS se rend à MARSEILLE en séance privée, puis à CHALLES en Savoie, à la demande de quelques amis.

Après un déplacement qui a duré trois mois c’est la retraite (du moins le croit-il !).
Mais des jalousies plus ou moins masquées se font jour par instants. Il écrit donc le 28 novembre à Gabriel DELANNE :
Les dissentiments qui se sont élevés entre nous, au sujet de MILLER, et que je croyais apaisés, viennent de se réveiller avec une intensité nouvelle. J’ai été, de la part de plusieurs membres du Conseil d’administration de la Société Française d’Etude des Phénomènes Psychiques, l’objet d’attaques violentes, injurieuses même, en différents journaux spirites et anti-spirites. Aucun désaveu ne s’étant produit, il en résulte que ma situation à la tête e la Société est devenue impossible. Je vous prie donc de faire rayer mon nom comme président d’honneur. Cette résolution étant définitive et irrévocable, vous voudrez bien la communiquer au Conseil d’administration. C’est avec un profond regret que je me sépare d’hommes, de frères, avec lesquels j’ai combattu longtemps pour une cause chère ; mais ma dignité, mon honneur sont en jeu, et en telle matière ma moindre hésitation serait une faiblesse. J’espère que cette décision n’altérera en rien les sentiments d’amitié qui nous unissent et sous l’empire desquels nous avons travaillé et nous travaillerons encore au progrès du Spiritisme dans le Monde. Dans cette pensée, je vous serre cordialement les mains
Gabriel DELANNE, véritablement peiné, lui répond que rien ne justifie une telle rupture, que les divergences de vues à propos d’un médium, ne peuvent les séparer.
Quoi qu’il arrive, lui dit-il en terminant, je ne reste pas moins votre ami et vous pouvez être assuré que n’importe quelle différence d’opinion ne saurait altérer les sentiments affectueux qui nous unissent.
Ils ne devaient pas cesser de s’estimer et de continuer parallèlement leur belle et noble tâche.

Cependant, la vue de Léon DENIS s’affaiblit, l’opération de la cataracte subie deux années auparavant n’amène aucune amélioration.
Il doit abandonner l’outil qui lui reste : sa plume. Grâce à sa puissance de travail, à son goût de l’ordre, à sa mémoire incomparable, il vient à bout de sa besogne sans que personne n’ait à en souffrir.
Au début de l’année 1913, il tombe gravement malade. Heureusement, un traitement énergique le guérit de cette première pneumonie.

Depuis 1909, les séances du groupe de la RUE DU REMPART ont pris fin. Toutefois, les réunions continuent chez Madame FORGET. L’Esprit Bleu et Jérôme s’y communiquent régulièrement.

Au début de la grande guerre, lorsqu’en 1914 l’ordre de mobilisation paraît, Léon DENIS ressent une poignante affliction. Il part aux eaux de CHALLES et y emmène Madame FORGET.

L’année suivante, leurs moyens d’existence sont des plus modestes, la guerre ayant fait augmenter subitement le coût de la vie. Léon DENIS s’installe avec sa vielle amie dans un local plus vaste au n° 19 de la place des arts. Au cours de cette année, il obtient le concours inespéré d’une secrétaire : Mademoiselle Claire BAUMARD qui restera aux côtés du Maître avec fidélité et un dévouement exemplaire jusqu'à sa mort.
Cependant, la guerre exerce ses ravages. Jérôme apporte ses messages au petit groupe, renseigne “ son fils ” sur les événements, l’éclaire et le rassure.
Vers la fin de l’année 1916 Monsieur Jean MEYER vient trouver le Maître pour lui faire part de son intention d’acquérir le revue Spirite qui depuis un an ne paraissait plus du fait de la guerre. Léon DENIS ne peut que le féliciter et l’encourager. Reste à organiser l’union spirite française. Jean MEYER pressent Léon DENIS pour la présidence, mais celui-ci refuse pour les raisons de son éloignement de PARIS, de son âge, de ses infirmités ; néanmoins il accepte la présidence d’honneur.

Le 25 août 1917, la mort de sa vielle amie, son cher médium Madame FORGET le laisse isolé dans la ville bondée de troupes en partance et de soldats blessés.

LE MONDE INVISIBLE ET LA GUERRE paraît en 1919 : c’est l’ensemble des articles publiés au cours des hostilités.

En 1920 il établit le bilan moral de l’après-guerre dans une suite de pages pénétrantes.

En 1921, il écrit une série d’articles imprégnés d’une poésie profonde et sereine sur la “ voix des choses ” et préconise le retour “ à la nature ”.

L’année 1922 est consacrée au spiritisme dans l’art et ensuite à de belles études sur les “ forces radiantes ”, lesquelles expliquent comment la vibration universelle raconte à l’humanité l’histoire des races, des mondes, car elle contient en elle toutes les formes du présent et du passé qui sont génératrices de celles de l’avenir.
Après les communications de Jules FERRY et de Paul BERT, relatives à l’enseignement populaire, c’est la question sociale, dans ses rapports avec le spiritisme, qui absorbe l’attention.

L’année 1924 est entièrement consacrée à cette étude ; le socialisme que préconise Léon DENIS se confond avec celui de Jean JAURES, tout pénétré d’idéalisme et d’un sentiment profondément humain. JAURES, souscrivant par avance aux conclusions du philosophe spirite s’exprime ainsi :
L’univers est une grande société de forces et d’âmes qui, sollicitées entre le bien et le mal, aspirent du fond des contradictions et des misères à la plénitude et à l’harmonie de la vie divine.
C’est la même année au mois d’avril que paraît THE MYSTERY OF JEANNE D’ARC par Sir Arthur CONAN DOYLE, le célèbre auteur de Sherlock Holmes ; c’est la traduction de JEANNE D’ARC MEDIUM ! Une correspondance des plus cordiales entre les deux auteurs s’en est suivie. Sir CONAN DOYLE présente lui-même Léon DENIS au public en ces termes :
J’aime et j’admire tant son livre que je désire vivement suivre le texte d’aussi près que possible. L’exposé de son sujet est si complet qu’il ne me reste plus rien à dire, si ce n’est que je suis tout à fait convaincu qu’immédiatement après le CHRIST, Jeanne D’ARC est sur la terre l’être spirituel le plus élevé sur lequel nous avons des récits véridiques. On est enclin à s’agenouiller devant elle.

Le troisième congrès spirite international de 1925 approche. Monsieur Jean MEYER demande à Léon DENIS d’accepter la présidence. Son grand âge et ses infirmités le font refuser. Mais l’esprit de Jérôme et celui d’Allan KARDEC le pressent d’aller à PARIS et il se met au travail. Il trouve l’hospitalité la plus affectueuse chez une ancienne secrétaire.
Du 6 au 13 septembre, pendant cette semaine laborieuse, il assume les devoirs de sa charge. Ce congrès réunit les représentants de 24 nations ; une soixantaine de journaux rend compte de ses séances.

C’était un spectacle impressionnant dit le Maître, que de voir défiler à la tribune des hommes de toutes races et de toutes couleurs. Tous venaient affirmer, en des langues diverses, la même foi en la survivance et dans l’évolution indéfinie de l’être, dans l’existence d’une cause suprême dont la pensée radiante anime l’univers.
Des hommes éminents dans les sciences et dans les lettres tels que sir Oliver LODGE, sir Conan DOYLE, le procureur général MAXWELL, ont ajouté leurs adhésions formelles aux vibrants discours des orateurs. On sentait passer sur l’assistance de souffle inspirateur d’une foule invisible, et les voyants attestaient la présence de défunts illustres qui prenaient une part active à l’élaboration d’une grande œuvre.
Le congrès a pour but de mettre en lumière le caractère scientifique du spiritisme expérimental, ainsi que la portée morale et sociale de la doctrine spirite dans le développement de la fraternité humaine.
Avec quel doigté, quelle aisance, quelle autorité le vieil apôtre, quasi aveugle, conduit ces important débats, veillant à ce que l’ordre du jour soit respecté !
C’est durant ce congrès qu’est scellée l’amitié de Léon DENIS et de sir Conan DOYLE. Léon DENIS affectionne le grand romancier anglais pour le courage qu’il apporte à répandre, par l’écrit et par la parole de la nouvelle révélation.

Rompant avec ses habitudes, le Maître accepte l’invitation de Monsieur Jean MEYER, conviant les congressistes le 8 septembre rue Copernic. La veille du départ, un lunch d’adieu est servi en l’honneur de Léon DENIS par les soins de son hôtesse, entre amis intimes dont Madame et Monsieur MEYER.
Il n’a pas voulu quitter PARIS sans rompre le pain de l’amitié avec le pasteur Wautier D’AYGALLIERS, professeur de théologie à la Sorbonne.
Le lendemain il reprend la route de TOURS emportant de son voyage l’impression la meilleure.

Dès le mois suivant, il revient à son idée chère entre toutes, cette série d’articles sur le “ celtisme ” parus dans la revue spirite d’Allan KARDEC et auxquels le grand Initiateur lui-même collabore.
Léon DENIS, à 80 ans, commence LE GENIE CELTIQUE size="4">, son dernier ouvrage. Il est en pleine élaboration quand le jeune et ardent écrivain spiritualiste Gabriel GOBRON vient donner à TOURS une conférence à l’université populaire. Il le reçoit à sa table, s’entretient avec lui de l’ouvrage en cours, imprime dans le cœur du “ celte d’Ardennes ”, un sentiment d’admiration reconnaissante.
Dans un article de L’EST REPUBLICAIN, Gabriel GOBRON salue le “ vieux druide de Lorraine ” qui en pays turon, au bord du Loyre Gaulois, ravive l’étincelle qu’on eut dit éteinte du “ celtisme immortel ”.
Quelques mois après, au cours de cet hiver qui devait être le dernier de sa vie terrestre, Monsieur A. RIPERT, le distingué secrétaire général de la revue spirite donne une conférence à TOURS. Il est l’hôte du Maître. En mars, LE GENIE CELTIQUE est terminé.

A tant de pages célèbres écrites à ce sujet, je n’aurais pas songé, dit-il, à ajouter quoi que ce soit, si je n’avais eu un élément nouveau à offrir aux lecteurs pour élucider le problème de nos origines, c’est-à-dire la collaboration du monde invisible. En effet, c’est à l’instigation d’Allan KARDEC que j’ai réalisé ce travail.
Nous sommes, nous, Français actuels, les descendants des Gaulois ; Latins par la culture, nous sommes Celtes par le sang.
Le premier chapitre est consacré à l’Irlande, ancien sanctuaire des Druides. Il nous conduit au pays de Galles puis en Ecosse, en Bretagne et du rivage d’Armor sur les hauts lieux de l’Auvergne et le périple s’achève en Lorraine au DONON et à SAINTE ODILE. La seconde partie de l’ouvrage traite du druidisme.
Jehanne de DOMREMY, “ l’Esprit Bleu une fois encore, vient bénir ces pages élevées à sa mémoire dans une pieuse et haute pensée. Tel est ce maître livre tout palpitant encore de la foi de l’apôtre, livre auquel les messages d’Allan KARDEC et de Jehanne de DOMREMY ajoutent un caractère de sincérité émouvante.
Dans cet ouvrage son écriture revêt une forme absolument pure, dépouillée de tout ornement et qui est à la mesure exacte d’une pensée vigoureuse parvenue à la sérénité.

Le jeudi 7 avril il s’alite.
Le 9 une pneumonie se déclare. Il conserve sa lucidité même si la maladie le mine rapidement.
Le mardi 12 avril il articule avec un calme impressionnant ses dernières paroles : “ Georgette ”, dit-il en s’adressant à sa servante penchée à son chevet pour le soutenir, vous avez été à même de comprendre... si vous avez voulu. Vous savez ce que vous allez voir arriver, vous savez que ce qui a été écrit est l’expression de la vérité... de la vérité toute nue et il ajoute : Vous aurez à entendre des sarcasmes, mais cela doit vous être indifférent.
Quelques instants après, reprenant la parole pour la dernière fois, Léon DENIS prononce ces mots léguant à la postérité l’exemple d’un labeur poursuivi au seuil même de la tombe :
Il faut terminer, résumer et... conclusion ” (il faisait allusion à la préface de la biographie d’Allan KARDEC que lui avait demandé Monsieur Jean MEYER) et il reprend : “ envoyer à MEYER le 15.
Ce sont ses ultimes paroles.

Les obsèques ont lieu le 16 avril. Il avait demandé un enterrement modeste, sans office. C’est le pasteur Wautier d’AYGALLIERS qui vint faire la levée du corps.
Une foule respectueuse s’est amassée place des Arts pour saluer ce grand vieillard. Des couronnes d’immortelles jaunes entourent le corbillard.

LA FIN D’UN SAGE

On a fait peu de bruit autour de la mort de Léon DENIS. Pas assez. On jurerait que l’humanité sceptique en surface, mais toujours croyante au fond, tant sont puissants l’énigme, l’attrait et l’angoisse du mystère, hésite à honorer les derniers des sages qui cherchèrent à concilier la science et la foi. Comme si la paix et le progrès pouvaient refleurir sans le merveilleux appoint de l’idéal.
Il faut réparer cette injustice.
La vie toute entière de Léon DENIS a été vouée à la survie. Plus que quiconque, il a nié l’anéantissement total de l’être pensant. Poète, sans doute, mais grand artiste méditatif, surtout, toujours il s’est efforcé de prouver que ce n’est point pour l’éternité que nous perdons les êtres qui nous sont chers et que leur invisible présence se manifeste à la fois à notre esprit, à notre cœur, voire à nos sens, pourvu que nous nous défendions contre toutes forces d’oubli.

Chez lui, l’inspiration n’excluait point l’esprit scientifique. Il se rencontrait avec sir William BARRETT qui proclamait que le spiritisme est sur le chemin qui mène à tout avancement des connaissances humaines.
Avec une douce obstination, alors que le psychisme paranormal se disputait les écoles divorcées du spiritisme, qui croit à la survivance de l’entité humaine, et du métapsychisme, qui n’admet que des interactions des forces encore si mal définies des vivants, il a développé ses convictions dans des oeuvres qui font autorité et où le philosophe le dispute au savant : L’AU-DELA ET LA SURVIVANCE, LE PROBLEME DE L’ÊTRE ET LA DESTINEE, LA GRANDE ENIGME, APRES LA MORT, LE POURQUOI LA VIE.

Jusqu'à l’âge de 81 ans, où il s’est éteint, persuadé de continuer au-delà, de collaborer à l’évolution de l’humanité avec une assiduité à la fois plus énergique et plus sereine que celle qu’il déploya au cours de sa longue existence de saint laïque, Léon DENIS a été un émouvant exemple de fidélité à ses principes et d’inépuisable bonté.
Et on ne peut que s’incliner devant la mémoire de ce sage très digne qui disait des spirites :
tant raillés et persiflés dont il fut le chef, après Allan KARDEC, aux côtés de Gabriel DELANNE, de Camille FLAMMARION, de William CROOKES et tant d’autres savants incontestés : “ Ils ont eu ce mérite immense d’attirer l’attention de l’humanité pensante, non seulement sur un ensemble de faits qui révèlent l’existence de tout un monde invisible, vivant et s’agitant autour de nous, mais aussi sur les conséquences philosophiques et morales découlant de ces faits. Celles-ci sont un acheminement vers la connaissance des lois éternelles qui régissent la vie, l’évolution et assurent le fonctionnement de la justice dans l’univers ”.


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