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 Interview de Gabriel Delanne par le Dr Paul Heuzé

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choub

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Date d'inscription : 16/09/2014

MessageSujet: Interview de Gabriel Delanne par le Dr Paul Heuzé   Sam 5 Sep - 2:23

Interview de Gabriel Delanne par le Dr Paul Heuzé


Le Docteur Paul Heuzé est un sceptique de la grande époque ( années 20 ) où l'expérimentation psychique était menée par des savants sur de grands médiums. Il est en particulier l'auteur de " les morts vivent-ils ? " en deux tomes.

L'interview fut publiée dans le journal " l'opinion " avec celle du docteur Geley et de Camille Flammarion.
Les reproches principaux faits par le docteur Paul Heuzé sont la non-scientificité du spiritisme, qui reposerait sur un acte de foi et l'attribution de phénomènes psychiques à des désincarnés alors que tout serait réductible aux vivants.

Gabriel Delanne lui répond entre autres sur ces deux points.

Dans son livre, M. Heuzé présente G. Delanne et introduit l'interview de la manière suivante :
" M. G. Delanne de qui le nom est connu et réputé, non seulement dans le monde des spirites, mais dans le monde tout court, est, depuis de nombreuses années, président de la société française d'études des phénomènes psychiques, directeur de la revue scientifique et morale du spiritisme et président de l'Union Spirite Française. Ce n'est certes pas avec une propension à l'évocation des fantômes, mais au contraire, avec une très prosaïque tendance au réalisme intégral, que je traversais, par une lumineuse journée de printemps, les pittoresques et verdoyantes avenues de la villa Montmorency. M. Gabriel Delanne voulut bien m'y accueillir avec la plus aimable cordialité…. "

L'interview a également été trouvée dans le livre " les témoins posthumes " de G. Bourniquel, 1921. La voici retranscrite :

M. DELANNE :

" D'abord, il est bien convenu, n'est?ce pas, qu'il ne sera pas question ici des théories spirites ; ces théories, vous les trouverez exposées dans de nombreux ouvrages et aussi bien, Il faut reconnaître qu'il n'y a aucun changement notable, à ce point de vue, depuis notre grand maître à tous, Allan Kardec. Nous autres, nous nous sommes seulement donnés pour tâche d'expérimenter ce qui, chez lui, n'était qu'un exposé des enseignements qui lui furent dictés par des esprits bienveillants. Nous nous occupons d'une science, Un point c'est tout, sans essayer d'en dégager, du moins provisoirement, une philosophie. Nous disons : oui, il y a des esprits (gardons ce terme banal) puisque nous prouvons scientifiquement leur existence. Que, sur la base des faits, on construise, on non, une théorie et des dogmes, cela c'est une autre question que je ne traiterai pas avec vous. Je reste ici dans le domaine de la science.

Je ne vous ferai donc pas l'historique de la doctrine. Et j'aborde tout de suite l'étude fort brève, des phénomènes sur lesquels nous nous appuyons.

D'abord, une première observation s'impose, et n'omettez pas de la rappeler, c'est que le phénomène spirite est bien moins fréquent qu'on ne le suppose dans certains milieux. Dans la plupart des manifestations, il y a purement et simplement suggestion ou autosuggestion.

Dites?le bien. Il ne faut pas croire qu'il suffise que quelques amateurs se mettent autour d'une table, la fassent remuer, lui prêtent le nom d'un mort et lui fassent dire toutes sortes de niaiseries pour qu'il y ait là intervention d'un esprit. La table tournera toujours, évidemment s'il y a parmi les assistants, un médium, conscient ou non ; il pourra se greffer là?dessus, des communications de subconcient à subconcient entre des personnes présentes ou absentes ; c'est tout ? le phénomène est alors purement physique.

Se figurer que nous sommes entourés d'esprits de morts qui peuvent accourir, au premier appel de n'importe qui, pour se loger dans le pied d'une table est absurde. L'intervention des morts est, au contraire, extrêmement rare, surtout expérimentalement.

Cette précaution prise, quelles sont les bases de nos affirmations ?

Le premier des phénomènes, c'est l'action sans contact, qu'on appelle couramment, et assez improprement, lévitation. Vous savez ce que c'est : un médium peut, à distance, sans le toucher, déplacer un objet. C'est à Londres, il y a une soixantaine d'années, que la Société Dialectique qui comptait parmi ses membres des savants comme sir John Lubbock et Alfred Russel Wallace, commença à étudier scientifiquement ce phénomène, considéré alors comme un simple truquage. Elle obtint rapidement la preuve, premièrement que les mouvements sont réels, secondement que les mouvements sont intelligents. Alors intervint William Crookes, qui se livra à ses premières expériences avec le médium Douglas Home et au moyen d'appareils inventés par lui, enregistra la force psychique. Le plus simple de ces appareils est une sorte d'enregistreur de Marey ; quand le médium approche ses mains de la peau du tambour, celui?ci vibre plus ou moins et un levier inscrit la mesure de la force émanée du corps du médium.

Depuis a été créé, en France, l'Institut général psychologique, avec un comité de savants parmi lesquels les Curie, Branly, Bergson, d'Arsonval, etc..., qui entreprit une série d'expériences à ce sujet, particulièrement avec le médium Eusapia Paladino, en 1905, 1906 et 1907. On prit des photographies. Les faits de ce genre paraissent donc aujourd'hui indéniables.

Est?ce à dire que personne ne les nie ? Non pas M. Gustave Le Bon, par exemple, déclare qu'il ne croit pas à la lévitation parce qu'il n'en a jamais eu la preuve. Je me rappelle qu'un jour, en 1900, j'étais chez Camille Flammarion avec Eusapia. Il y avait là, entre autres savants éminents, Gustave Le Bon.

Après une première lévitation, obtenue en pleine lumière, Le Bon ou un autre ayant émis un doute sur l'immobilité réelle du médium, Flammarion se fit apporter une serviette ; avec cette serviette, il attacha les pieds d'Eusapia, puis deux des assistants, dont l'un était, si je ne me trompe, Jules Claretie, lui tinrent les mains. Alors la table se leva et resta quelques instants en l'air. Le Bon ne fut pas convaincu !

Il y aurait, il est vrai, une objection possible à la réalité de ces mouvements et on n'a pas manqué de la faire : c'est la thèse de l'hallucination collective. Or la réponse a été immédiate et fort simple ; la photographie. On a photographié non pas une fois, mais cent fois; vous connaissez certainement les clichés qu'a obtenus entre autres le colonel de Rochas ; ils constituent, pour nous, des preuves absolues.

Comme complément du phénomène de lévitation, il faut mentionner le scellement de la table au sol, scellement qui n'est pas plus rare sous l'influence d'un vrai médium. J'ai obtenu chez moi des expériences intéressantes à ce point de vue ; en voici une :

nous étions quatre, mon père, ma mère (médium remarquable), moi et un ami incrédule assis autour de la table de la salle à manger. C'était une table toute simple à battants ; ma mère, ayant scellé la table au sol, l'ami essaya de la soulever, ses efforts furent vains, et il arracha le battant de la table

Mais poursuivons.

Je vous ai dit tout à l'heure que les mouvements de la table, reconnus réels, furent reconnus également intelligents ; je le répète ; et j'arrive ainsi au second point de mon exposé.

Le fait que les mouvements sont intelligents va vous faire dire, évidemment, tout d'abord qu'ils sont causés par une force qui émane du corps du médium. Je vous répondrai à cela que ces mouvements ont une physionomie propre et comme une personnalité, qui peut différer considérablement de celle du médium et qui, d'ailleurs, varie avec le même médium. La table en mouvement se déclare alors, elle?même, animée par l'esprit de X. Si personne ne connaît ni n'a pu connaître ce X, néanmoins une enquête, par la suite, démontre la véracité absolue des renseignements donnés par lui. Dans ce cas, si je ne me trompe, il n'y a pas d'autre explication possible que l'intervention de X lui-même, c'est?à?dire de son esprit.

J'ai fait personnellement, comme tant d'autres des expériences absolument probantes. Je suis allé parfois chercher les preuves dans des villages inconnus que les esprits m'avaient indiqués : j'ai pu contrôler une moyenne de huit expériences sur dix. Ma conviction est faite.

J'ai pris ici, jusqu'à présent, comme exemple, le phénomène de la table et des coups frappés. Mais vous n'ignorez pas que nous avons, toujours dans le domaine de l'expérience, beaucoup d'autres manifestations qu'il est impossible d'expliquer sans l'intervention de ceux que nous appelons les désincarnés.

Il y a l'écriture. Le médium, sans même être endormi, écrit directement, parfois avec les deux mains à la fois, des messages différents, tout en soutenant une conversation sur un autre sujet ; les réponses sont absolument claires, contrôlables, rédigées souvent dans une langue qu'il ne connaît pas. Il faut donc bien que ses mains soient au pouvoir d'une intelligence qui n'est pas la sienne ! J'ai vu ma mère, qui, je vous l'ai dit, était un excellent médium, donner ainsi à une personne une réponse en russe, avec l'écriture exacte de la mère de cet étranger, morte depuis longtemps, et écrire, pour un Italien, un message en patois des environs de Turin, animée qu'elle était alors par l'esprit de la sœur de son interlocuteur. Delà, les médiums dessinateurs comme Hugo d'Alési ou le graveur Desmoulins, qui crayonnaient en pleine obscurité des dessins charmants ; comme Sardou, dont les dessins spirites furent publiés dès 1858.

Quant aux médiums voyants, qu'il s'agisse d'intuition, de lucidité, de clairvoyance ou de clairaudience, de vision à distance, de psychométrie ou de télepsychie, ce sont eux, précisément, qui apportent les meilleures démonstrations du spiritisme expérimental.

Ce qu'ils nous enseignent, en effet, de la manière la plus claire, c'est que, s'il est vrai que le cerveau est le siège, l'instrument nécessaire de la pensée pendant la vie, il n'est pas moins évident que ce qui pense en nous, ce qui sont et ce qui veut a une existence propre, indépendante de celle du corps.

Les preuves de cette existence ? D'abord, cet être intérieur possède des pouvoirs qui sont absolument indépendants du fonctionnement des organes : la vue à distance par exemple. Il est évident que dans la vue à distance, l'organe de la vision, l'œil, ne joue aucun rôle. Secondement, cet être intérieur peut communiquer avec un autre être intérieur à une distance énorme comme celle de Paris à New?York. Or, s'il s'agissait comme on le dit maintenant, de simples ondes assimilables aux ondes hertziennes, avec syntonisation, etc., je répondrais dans la T. S. F, la puissance physico?chimique nécessaire pour l'émission de ces ondes est formidable : 150 chevaux, par exemple. Alors, le cerveau pourrait avoir une puissance de 150 chevaux ? C'est absurde. Il y a donc, on ne peut le nier, un être interne qui, lui seul, possède ce pouvoir animique extraordinaire. Cet être intérieur, c'est notre âme.

Mais ici, il est nécessaire de préciser. L'âme, selon nous, est constituée par deux parties, l'une ministérielle, qui est l'âme proprement dite, l'autre semi?matérielle ou fluidique que nous appelons périsprit et qui sert de support à la première : l'âme et le perisprit sont d'ailleurs inséparables. A la mort, l'âme en quittant le corps, emporte donc avec elle son périsprit. Or, comme c'est dans ce périsprit que s'emmagasinent toutes nos pensées, toute notre personnalité, il en découle que cette personnalité survit au corps, avec l'âme.

Comment, alors, définir clairement le périsprit? Il est, si vous voulez, le moule dans lequel la matière peut s'introduire, ou non, pour donner naissance à un corps vivant.

Il ne s'agit pas là d'un dogme, d'une théorie, mais d'une vérité scientifique de premier ordre.

L'existence de ce périsprit est prouvée 1° par les dédoublements pendant la vie (apparitions à distance) ; 2° par les apparitions au moment de la mort ; 3° par les apparitions après la mort.

Car notre raisonnement est des plus simples. Si, pendant la vie, c'est l'âme qui est la cause de ces manifestations, après la mort, les manifestations étant les mêmes, cette seule cause ne peut être que l'âme encore.

Nos instruments de preuve? Ce sont, comme pour n'importe quelle autre science, l'observation et l'expérimentation.

Le fait capital étant la manifestation après la mort, c'est celui?là que nous nous sommes appliqués à expérimenter. De là, le phénomène des matérialisations que vous connaissez, du moins dans sa forme. Quel est, pour nous, le mécanisme de la matérialisation ? Celui?ci : l'âme (du mort) empruntant au médium la matière et l'énergie des deux éléments qu'elle n'a plus puisqu'elle n'a plus son corps) se sert de son périsprit comme d'un moule pour reconstituer exactement le corps qu'elle avait.


M.. PAUL HEUZE : Vous voulez dire sans doute les apparences du corps qu'elle avait?

M. DELANNE : Je dis bien le corps, c'est à dire un ensemble d'organes en plein fonctionnement, un coeur qui bat, des poumons qui respirent, du sang qui circule. William Crookes, avec comme médium, une jeune fille de 17 ans, miss Florence Cook, a obtenu la matérialisation (et on n'a, d'ailleurs, rien vu de mieux, depuis) d'une certaine Katie King, fille défunte du pirate Morgan, qui allait et venait dans son laboratoire et qui avait sa personnalité absolument distincte de celle de miss Cook, à ce point que miss Cook ayant attrapé un rhume et toussant, Katie King ne ressentait aucun symptôme du même mal. Crookes a fait plus de 30 photo graphies de Katie King. Lombroso, le docteur Gibier, Charles Richet ont obtenu des matérialisations du même genre. Ce phénomène, quoique extrêmement rare, contrairement à ce qui se raconte, n'est donc pas niable. Je vous ferai remarquer ici, d'ailleurs, entre parenthèses, que ces faits d'expérimentation ne viennent que rajouter à des faits d'observation que l'histoire nous rapporte en grand nombre et dont nous n'avons plus à présent aucune raison de douter ; les apparitions, les transfigurations, les soi?disant résurrections. La vie de Jésus, celle de Mahomet, les vies des saints fourmillent de ces faits ; et ce qui est remarquable, c'est qu'ils se sont déroulés toujours avec les mêmes caractères. Etudiez l'histoire, vous serez frappé de cette vérité.

Nous n'avons donc pas la prétention d'avoir fait une découverte. Nous essayons seulement de dégager des lois naturelles, et, retenez cette expression, de démocratiser le mystère ; et l'on peut se demander, avec amertume, pourquoi la science officielle nous a toujours si durement écartés. Malheureusement, c'est là le fait ; l'entêtement des savants est inimaginable. Il l'a toujours été ; pour s'en convaincre, il suffit de lire l'histoire de toutes les grandes acquisitions de l'esprit humain. Voilà à peu près, monsieur, où nous en sommes sur le terrain de l'expérience Que, sur l'étude de ces phénomènes, nous bâtissions une philosophie, c'est possible. Mais nous ne sommes pas des sectaires ; nous n'avons même pas, à proprement parler, comme l'Église, des dogmes auxquels il soit interdit de toucher. Que l'on vienne nous démontrer que nous avons tort, et s'il y a là un véritable progrès dans l'ordre scientifique, loin de protester et de nous entêter, nous nous déclarerons absolument enchantés. Mais je pense qu'il n'est pas question de cela pour le moment. "
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