Forum sur la divulgation de la philosophie spirite ou Spiritisme la médiumnité, la vie après la mort, la réincarnation, l'évolution spirituelle, Les Esprits et Dieu et ses lois Divines.
 
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 Les éclaireurs

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jean-pierre Abel



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MessageSujet: Les éclaireurs   Les éclaireurs Icon_minitimeSam 14 Nov - 9:58

Bonjour tout le monde,
Je vous propose la lecture la lecture de l’article : Bonjour tout le monde, Je vous propose la lecture la lecture de l’article : Les éclaireurs, proposé par doctrinespiritenimes.over-blog.com, le 13 Novembre 2020, Rédigé par Un spirite dans #Allan Kardec, #Centre Spirite, #Croyance, #Doctrine Spirite, #Médiumnité, #Philosophie Spirite, #Réincarnation, #Science, #Spiritisme
Bonne Lecture
Paul BODIER Étude documentaire sur le livre L'Esprit consolateur ou nos destinées, Les éclaireurs
Il faut des maîtres aux élèves, il faut travailler pour apprendre et s'inspirer des bons exemples pour marcher dans la voie du bien.
Admirez, chère madame, la sagesse de la Providence qui nous délègue des messagers, des précurseurs. Comprenez bien leur rôle bienfaisant et vous sentirez vraiment que nous devons, malgré tout, marcher vers la lumière.
Le Christ, madame, est le Rédempteur de la Terre, mais il n'est pas le seul messie dont notre monde ait vu les oeuvres. Il devait avoir pour auxiliaires, dans sa mission libératrice, une foule d'Esprits supérieurs, incarnés parmi nous. De même qu'il avait eu des précurseurs dans les prophètes d'Israël, et dans les grands hommes de l'antiquité profane, de même il devait avoir une postérité glorieuse dans ses apôtres, dans nos hommes de génie, et dans nos grands hommes de bien.
S'associer, de près ou de loin, à l'œuvre du Christ, c'est choisir pour lot la gloire, mais aussi la douleur. Avant l'apparition du Messie on mettait à mort les prophètes, pour étouffer sur leurs lèvres hardies, le Verbe divin ; on forçait Socrate à boire la ciguë, pour avoir blasphémé contre les dieux, en proclamant l'unité de Dieu. Ceux qui sont venus après le Christ pour travailler à l'avancement de notre globe et de notre race se sont vus, comme le Sauveur, méconnus, calomniés ou persécutés. « Jésus a dû achever en eux sa passion. » Quel est le génie que l'épreuve oublia de couronner ? Quel est le héros pour qui la vie fut heureuse et longue ? La couronne des grands hommes, comme celle du Christ, est une couronne d'épines.
Quelle est longue la liste des martyrs de la science, du droit et de la liberté ? Lisez-la, et vous verrez qu'il n'y a pas de plus beau calendrier.
Ces hommes, on l'oublie trop, n'étaient pas seuls : ils aimaient et ils étaient aimés. Quand ils secouaient la voûte écrasante des préjugés de leur époque, il ne s'agissait pas seulement pour eux de braver toutes les tortures : ils devaient affliger, compromettre des êtres chers. Pour se montrer fidèles à leurs convictions, ils devaient étouffer la voix du sang, la voix du coeur, et n'écouter que
la voix d'en haut qui leur disait : « Parle malgré tes amis, tes soeurs qui te supplient ; ouvre les portes à la vérité captive, malgré les sanglots de ta mère, de ton épouse, de tes enfants qui te crient : « Sois sage, tais-toi, ou tu nous perds ! »
Etonnons-nous après cela, de certaines faiblesses de la part des éclaireurs, de certaines hésitations et de certaines réticences.
« Quand il y avait eu au Colisée de Rome grande fête, grand carnage, dit Michelet, quand le sable avait bu le sang, que les lions se couchaient repus, soûls de chair humaine, alors pour divertir le peuple, on lui donnait une farce. On mettait un œuf dans la main d'un misérable esclave condamné aux bêtes, et on le jetait dans l'arène. S'il arrivait jusqu'au bout, si par bonheur il parvenait à porter son œuf jusque sur l'autel, il était sauvé. La distance n'était pas longue, mais qu'elle lui semblait longue ! Ces bêtes rassasiées, dormantes, ou voulant bientôt dormir, ne laissaient pas de soulever, au bruit du léger pas, leurs paupières appesanties, et semblaient se demander s'il fallait quitter leur repos pour cette ridicule proie.
Lui, moitié mort de frayeur, se faisait petit, courbé, tout affaissé sur lui-même comme pour rentrer dans la terre, il eût dit, s'il eût pu dire : Hélas ! Je suis si maigre ! Lions, seigneurs lions, laissez passer ce squelette ; le repas n'est pas digne de vous. Jamais bouffon, jamais mime n'eut tel effet sur le peuple : les contorsions bizarres, les convulsions de la peur jetaient tous les assistants dans les convulsions du rire. On se tordait sur les bancs, c'était une tempête effroyable de gaîté, un rugissement de joie.
Eh bien ! Ce spectacle s'est renouvelé à la fin du moyen âge, lorsque le vieux principe, furieux de se voir mourir, crut qu'il aurait encore le temps de faire mourir la pensée humaine. On revit, comme au Colisée, de misérables esclaves porter à travers les bêtes non rassasiées, non assoupies, mais furieuses, atroces, avides, le pauvre petit dépôt de la vérité proscrite, l'oeuf fragile qui pouvait sauver le monde s'il arrivait à l'autel. D'autres riront, malheur à eux ! Moi, je ne rirai jamais à la vue de ce spectacle. Cette farce, ces contorsions pour donner le change aux monstres aboyants, pour amuser ce peuple indigne, elles me percent de douleur.
Ces esclaves que je vois passer là-bas sur l'arène sanglante, ce sont les rois de l'Esprit, les bienfaiteurs du genre humain. O mes pères, ô mes frères, amis chéris de ma pensée, est-ce donc vous que je reconnais tremblants, souffreteux, ridicules sous ce triste déguisement ? Génies sublimes chargés de porter le dépôt de Dieu, vous avez donc accepté pour nous ce difforme martyre, d'être les bouffons de la peur ?
Avilis ! Oh ! Non, jamais ! Du milieu de l'amphithéâtre, ils me disaient avec douceur : Qu'importe, ami, qu'on rie de nous ? Qu'importe que nous subissions la morsure des bêtes sauvages, l'outrage des hommes cruels, pourvu que nous arrivions, pourvu que le cher trésor, mis en sûreté sur l'autel, soit repris par le genre humain, qu'il soit sauvé tôt ou tard ! Sais-tu bien quel est ce trésor ? La liberté, la justice, la vérité, la raison.
Quand on songe par quels degrés surgit toute grande pensée, on s'étonne moins de voir les humiliations, les bassesses, où peut descendre, pour la sauver, celui qui l'eut une fois. Qui nous donnera de pouvoir suivre, des profondeurs à la surface, l'ascension d'une pensée ? Qui dira les formes confuses, les mélanges, les retards funestes qu'elle subît pendant des siècles ? Combien de l'instinct au rêve, à la rêverie, et de là au clair obscur poétique, elle a lentement cheminé !
Comme elle a erré longtemps entre les enfants et les simples, entre les poètes et les fous ! Elle éclate enfin lumineuse dans un génie, et elle le rend héroïque : elle l'embrase de dévouement, d'amour et de sacrifice. Il la place sur son coeur, et va à travers les lions. De là ce spectacle étrange que je voyais tout à l'heure ; de là cette farce sublime et terrible. Voyez comme il a peur, comme il passe humble et tremblant ! Comme il serre, il cache, il presse ce je ne sais quoi qu'il porte. Ah ! Ce n'est pas pour lui qu'il tremble ! Peur glorieuse, peur héroïque ! Ne voyez-vous pas qu'il porte le salut du genre humain ? »
Notre époque, madame, croyait avoir enfin conquis la liberté de la conscience et de la pensée, mais c'était de sa part une illusion. Le spectre du passé reparaît et l'homme de la nuit se voit armé de toutes pièces pour anéantir l'homme du jour.
Il le guette pour le poursuivre dans ses intérêts, ses affections, son honneur.
Quiconque refuse de s'abdiquer, de prendre un masque, rompt avec toutes les espérances et toutes les sécurités de la vie. Professeur, il perdra sa chaire ; médecin, avocat, négociant, il perdra sa clientèle ; homme politique, il sera exposé à l'exil ; écrivain il se verra condamné à la prison, à l'amende ou écrasé sous le sarcasme4. Oui, après tant de luttes et de victoires que l'on croyait définitives, la bataille recommence sur toute la ligne, et les âmes, pour se tenir debout, ont encore besoin d'être intrépides.
Si la comparaison ne risquait de pécher par excès de grâce, je comparerais notre humanité terrestre à un oranger, où l'on voit simultanément des oranges mûres, des oranges vertes et des boutons en fleurs.
Les oranges mûres nous représentent les Esprits les plus avancés qui frayent aux autres, à travers la neige ou les ronces, le chemin de tous les progrès. Ceux-ci ont un tort : celui d'avoir mûri trop vite, ou vécu trop tôt. Ils sont ordinairement incompris et traités de fou. Ainsi furent traités Christophe Colomb, Bernard Palissy, Jenner, Papin, Fulton, et tant d'autres. Pilate, vous le savez, envoya Jésus à Hérode qui le pria de divertir sa cour par quelques miracles. Jésus n'ayant répondu à ces prétentions frivoles que par un mépris souverain, Hérode le fit revêtir d'une robe blanche, en le traitant d'insensé. Or Jésus, ainsi traité par ce roi, nous représente le génie traité de fou, dans tous les siècles, par la sottise.
Les oranges vertes sont le symbole des Esprits moyens qui ont déjà quelques lueurs, mais qui se familiarisent facilement avec tous les abus dont ils ne souffrent guère, et s'en tiennent au convenu pour ne pas se compromettre. Ceux-là constituent le monde comme il faut, le monde correct, paisible, passablement égoïste et très conservateur. Ce monde-là veut l'ordre à tout prix, sans trop se soucier de la liberté, et n'a guère que du mépris pour les idéologues. Il n'aurait pas arrêté le Christ au jardin des Oliviers, mais, s'il l'avait vu entre deux gendarmes, il aurait murmuré tout bas : « Pour que l'autorité le traite ainsi, il faut que cet homme ait fait un coup5. »
Quant aux boutons en fleurs, ils représentent la foule ignorante, trop nombreuse, hélas ! Qui tourne à tout vent, et se met du côté de ses oppresseurs pour écraser de son pied lourd ceux qui voulaient l'affranchir.
Un prêtre, l'héroïque Jean Huss, était sur son bûcher dont les flammes commençaient à lui lécher les pieds. Il vit venir une vieille femme, une dévote de ce temps-là, qui ployait sous un fagot de bois sec. Elle voulait, la chère âme, gagner quelque mérite, en contribuant, pour sa part au supplice de l'hérétique. Le martyr eut pour elle un regard de compassion et s'écria : « O sainte simplicité ! »
A force d'être sainte, madame, cette simplicité est souvent incorrigible et d'autant plus meurtrière. Si le fanatisme est terrible, c'est qu'il tue le remords, à force de pervertir la conscience. Or le fanatisme n'est guère possible sans cette simplicité qui s'appelle l'ignorance. La femme, de sa nature, est on ne peut plus sensible, et son coeur la dispose à endurer facilement, vous le savez, le noble tourment de la pitié. Cependant la femme, à toutes les époques de l'histoire s'est montrée cruelle pour les initiateurs et de nos jours encore elle est la complice redoutable des ennemis de la liberté. C'est que la femme est aveugle et se figure que le mot d'ordre des princes des prêtres est le mot d'ordre de Dieu.
Le Christ savait combien il en coûte pour faire pénétrer une idée un peu élevée dans certaines âmes « simples », voilà pourquoi il a prononcé cette parole étonnante et sévère : « Ne jetez pas les perles aux pourceaux ». Il aurait voulu répandre à flots la lumière dont il était le foyer, mais il sentait que ses auditeurs en seraient scandalisés, à force d'en être éblouis. De là ces paraboles, ces réticences, qui révélaient les ménagements exquis d'une mère pour la candeur de ses enfants.
La révélation, quoi qu'on en dise, est progressive, et se proportionne au degré d'avancement des Esprits qui la reçoivent. Depuis les temps les plus reculés, deux doctrines ont eu cours dans l'humanité : la doctrine scientifique et la doctrine symbolique ; celle des « initiés » pour qui on
levait le voile, et celle de la multitude naïve, à qui on jetait en pâture la légende ou la mythologie. Les traditions élevées de la Kabbale se perpétuaient à côté des livres canoniques des Juifs ; les
Brahmanes de l'Inde en savaient plus qu'ils n'en livraient aux Soudras ; les prêtres de l'Egypte se moquaient entre eux du bœuf Apis, et les sages de la Grèce n'avaient qu'un respect médiocre pour les dieux de l'Olympe.
De même qu'on voit dans le règne animal des aigles et des mollusques, de même on voit dans l'humanité de grands et de petits Esprits. Les premiers réclament la vérité toute nue, et les grands horizons ; les autres veulent le demi-jour, les formes sensibles, la lettre précise et les prescriptions minutieuses. On comprend dès lors que la même religion, au moins dans la forme extérieure, ne peut pas plus convenir à toutes les âmes que le même habit à tous les corps. Le christianisme lui-même, malgré la popularité de son enseignement, n'est pas compris de la même manière par une fermière de la Basse-Bretagne que par Leibnitz, Bossuet ou Malebranche.
La vérité, ou la vraie philosophie, a dû rester, pendant de longs siècles, le patrimoine du très petit nombre sur notre terre, parce que les Esprits supérieurs n'y apparaissaient que comme de rares égarés. Ainsi s'explique la triste destinée de ceux qui ont été, parmi nous, la plus belle incarnation du génie. La plupart des grands hommes ont dû en appeler à la postérité, et lui confier l'honneur de réparer l'ingratitude ou l'injustice de leurs contemporains.
Cependant leur passage n'a point été stérile, car le monde commence à moissonner dans le sillon qu'ils ont creusé au prix de tant de labeurs. La vérité, si longtemps aristocratique, devient démocratique, la lumière malgré bien des entraves, pénètre dans les masses par toutes les fissures, et le peuple est moins facile à tromper.
Tout se remue, tout fermente dans cette cuve immense qui se nomme Paris, l'infernal et le divin. On n'a pas tort de l'appeler la capitale du monde, car elle en est tout à la fois l'égout et le soleil. C'est là que toutes les hontes se cachent, mais c'est de là aussi que partent tous les rayons. Si le vice y cherche sa pâture, toute gloire s'y fait sacrer. Et, phénomène miraculeux, Paris est assez grand pour être incompressible. On peut le surprendre par une nuit sombre, et l'inonder de prétoriens, on ne brisera jamais ni sa pensée ni sa parole, on n'étouffera jamais son formidable rire. Or, tant que Paris parle, le monde ne peut s'endormir, et quand il s'avise de rire, il tue toutes les tyrannies.
« Il faut des qualités supérieures pour comprendre le génie et la vertu, a dit Chateaubriand.
Rien n'est plus exact et cet aphorisme explique pourquoi les précurseurs ne peuvent être compris, tout de suite, par leurs contemporains.
Il semble bien que le recul des années soit nécessaire pour que les idées saines et la vérité arrivent à triompher de l'ignorance et de la sottise. Sans éducation préalable, aucun cerveau n'est apte à recevoir la vérité.
Reconnaissons, cependant, qu'à tous les degrés de l'échelle sociale, on trouve des êtres de bonne volonté et bien que leur nombre soit relativement restreint, il sera suffisant, quand on le voudra sérieusement, pour imposer sans violence et avec toute la douceur désirable, les idées généreuses et logiques qui donneront une vigoureuse impulsion à la Vérité.
Parmi les qualités supérieures, la douceur est celle sur laquelle on peut s'appuyer le plus fermement.
C'est par la douceur que le Christ s'est imposé. C'est par la douceur que ses premiers disciples ont à leur tour dominé les foules et c'est pourquoi, madame, les femmes sont appelées à jouer un grand rôle, du jour où elles auront définitivement rejeté les chimères du passé et ouvert leurs intelligences à la lumière que la science et la raison font jaillir de toutes parts, parce que les femmes sont et doivent être, en toutes circonstances, des êtres de douceur.
Jusqu'ici, il faut avoir le courage de l'avouer, les femmes ont été, presque toujours, les plus fidèles alliées de l’obscurantisme ; elles ont prêté une oreille trop attentive aux suggestions mauvaises que les suppôts du mensonge ont, de tout temps, murmuré à leurs oreilles trop confiantes. Par la femme et à cause d'elle, bien souvent les grandes convulsions ont secoué les peuples et l'esprit de mensonge a dominé l'esprit de vérité, car la femme a été trompée odieusement par ceux-là même qui auraient dû lui montrer les horizons magnifiques où la Vérité fait briller son éternelle et puissante lumière.
L'auteur de « l'Esprit Consolateur » a parfaitement compris le rôle joué par la femme au cours des siècles, mais je suis certain qu'on peut heureusement et utilement modifier leur éducation, afin de les préparer au rôle bienfaisant où elles excelleront dans l'avenir.
La légende naïve du paradis terrestre où la femme se laisse tenter, et la légende plus haute de Marie, mère du Sauveur, représentent les deux termes extrêmes du rôle dévolu à la femme. Qu'on ne s'y trompe pas, ce sont les femmes qui sauveront le monde et qui une fois de plus, telles les Sabines antiques, sépareront les hommes assoiffés de carnage et armés les uns contre les autres.
Mais alors, elles auront acquis ces qualités supérieures dont parle Chateaubriand et comprenant le génie et la vertu, elles ne pourront qu'être les servantes dévouées de la Vérité magnifique qu'elles inculqueront à leurs enfants.
A ce moment-là, madame, une paix bienfaisante et sûre régnera sur notre globe. Tous les peuples unis s'entraideront et s'aimeront. La vérité sans la contrainte et dépouillée de toutes les hypocrisies régnera partout sur la Terre enfin délivrée de la superstition, de l'erreur, des dogmes ridicules et surannés nous présentant une divinité odieuse, toujours courroucée, prête à se venger et dont la haine semble trouver une force nouvelle dans le silence ténébreux des cloîtres où se déroulent constamment les rites funèbres et misérables d'une religion de sang, pour consolider la puissance de l'obscurantisme qui couvre encore de son voile horrible les masses abêties par la crainte et la frayeur des châtiments éternels.
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, proposé par doctrinespiritenimes.over-blog.com, le 13 Novembre 2020, Rédigé par Un spirite dans #Allan Kardec, #Centre Spirite, #Croyance, #Doctrine Spirite, #Médiumnité, #Philosophie Spirite, #Réincarnation, #Science, #Spiritisme
Bonne Lecture
Paul BODIER Étude documentaire sur le livre L'Esprit consolateur ou nos destinées, Les éclaireurs
Il faut des maîtres aux élèves, il faut travailler pour apprendre et s'inspirer des bons exemples pour marcher dans la voie du bien.
Admirez, chère madame, la sagesse de la Providence qui nous délègue des messagers, des précurseurs. Comprenez bien leur rôle bienfaisant et vous sentirez vraiment que nous devons, malgré tout, marcher vers la lumière.
Le Christ, madame, est le Rédempteur de la Terre, mais il n'est pas le seul messie dont notre monde ait vu les oeuvres. Il devait avoir pour auxiliaires, dans sa mission libératrice, une foule d'Esprits supérieurs, incarnés parmi nous. De même qu'il avait eu des précurseurs dans les prophètes d'Israël, et dans les grands hommes de l'antiquité profane, de même il devait avoir une postérité glorieuse dans ses apôtres, dans nos hommes de génie, et dans nos grands hommes de bien.
S'associer, de près ou de loin, à l'œuvre du Christ, c'est choisir pour lot la gloire, mais aussi la douleur. Avant l'apparition du Messie on mettait à mort les prophètes, pour étouffer sur leurs lèvres hardies, le Verbe divin ; on forçait Socrate à boire la ciguë, pour avoir blasphémé contre les dieux, en proclamant l'unité de Dieu. Ceux qui sont venus après le Christ pour travailler à l'avancement de notre globe et de notre race se sont vus, comme le Sauveur, méconnus, calomniés ou persécutés. « Jésus a dû achever en eux sa passion. » Quel est le génie que l'épreuve oublia de couronner ? Quel est le héros pour qui la vie fut heureuse et longue ? La couronne des grands hommes, comme celle du Christ, est une couronne d'épines.
Quelle est longue la liste des martyrs de la science, du droit et de la liberté ? Lisez-la, et vous verrez qu'il n'y a pas de plus beau calendrier.
Ces hommes, on l'oublie trop, n'étaient pas seuls : ils aimaient et ils étaient aimés. Quand ils secouaient la voûte écrasante des préjugés de leur époque, il ne s'agissait pas seulement pour eux de braver toutes les tortures : ils devaient affliger, compromettre des êtres chers. Pour se montrer fidèles à leurs convictions, ils devaient étouffer la voix du sang, la voix du coeur, et n'écouter que
la voix d'en haut qui leur disait : « Parle malgré tes amis, tes soeurs qui te supplient ; ouvre les portes à la vérité captive, malgré les sanglots de ta mère, de ton épouse, de tes enfants qui te crient : « Sois sage, tais-toi, ou tu nous perds ! »
Etonnons-nous après cela, de certaines faiblesses de la part des éclaireurs, de certaines hésitations et de certaines réticences.
« Quand il y avait eu au Colisée de Rome grande fête, grand carnage, dit Michelet, quand le sable avait bu le sang, que les lions se couchaient repus, soûls de chair humaine, alors pour divertir le peuple, on lui donnait une farce. On mettait un œuf dans la main d'un misérable esclave condamné aux bêtes, et on le jetait dans l'arène. S'il arrivait jusqu'au bout, si par bonheur il parvenait à porter son œuf jusque sur l'autel, il était sauvé. La distance n'était pas longue, mais qu'elle lui semblait longue ! Ces bêtes rassasiées, dormantes, ou voulant bientôt dormir, ne laissaient pas de soulever, au bruit du léger pas, leurs paupières appesanties, et semblaient se demander s'il fallait quitter leur repos pour cette ridicule proie.
Lui, moitié mort de frayeur, se faisait petit, courbé, tout affaissé sur lui-même comme pour rentrer dans la terre, il eût dit, s'il eût pu dire : Hélas ! Je suis si maigre ! Lions, seigneurs lions, laissez passer ce squelette ; le repas n'est pas digne de vous. Jamais bouffon, jamais mime n'eut tel effet sur le peuple : les contorsions bizarres, les convulsions de la peur jetaient tous les assistants dans les convulsions du rire. On se tordait sur les bancs, c'était une tempête effroyable de gaîté, un rugissement de joie.
Eh bien ! Ce spectacle s'est renouvelé à la fin du moyen âge, lorsque le vieux principe, furieux de se voir mourir, crut qu'il aurait encore le temps de faire mourir la pensée humaine. On revit, comme au Colisée, de misérables esclaves porter à travers les bêtes non rassasiées, non assoupies, mais furieuses, atroces, avides, le pauvre petit dépôt de la vérité proscrite, l'oeuf fragile qui pouvait sauver le monde s'il arrivait à l'autel. D'autres riront, malheur à eux ! Moi, je ne rirai jamais à la vue de ce spectacle. Cette farce, ces contorsions pour donner le change aux monstres aboyants, pour amuser ce peuple indigne, elles me percent de douleur.
Ces esclaves que je vois passer là-bas sur l'arène sanglante, ce sont les rois de l'Esprit, les bienfaiteurs du genre humain. O mes pères, ô mes frères, amis chéris de ma pensée, est-ce donc vous que je reconnais tremblants, souffreteux, ridicules sous ce triste déguisement ? Génies sublimes chargés de porter le dépôt de Dieu, vous avez donc accepté pour nous ce difforme martyre, d'être les bouffons de la peur ?
Avilis ! Oh ! Non, jamais ! Du milieu de l'amphithéâtre, ils me disaient avec douceur : Qu'importe, ami, qu'on rie de nous ? Qu'importe que nous subissions la morsure des bêtes sauvages, l'outrage des hommes cruels, pourvu que nous arrivions, pourvu que le cher trésor, mis en sûreté sur l'autel, soit repris par le genre humain, qu'il soit sauvé tôt ou tard ! Sais-tu bien quel est ce trésor ? La liberté, la justice, la vérité, la raison.
Quand on songe par quels degrés surgit toute grande pensée, on s'étonne moins de voir les humiliations, les bassesses, où peut descendre, pour la sauver, celui qui l'eut une fois. Qui nous donnera de pouvoir suivre, des profondeurs à la surface, l'ascension d'une pensée ? Qui dira les formes confuses, les mélanges, les retards funestes qu'elle subît pendant des siècles ? Combien de l'instinct au rêve, à la rêverie, et de là au clair obscur poétique, elle a lentement cheminé !
Comme elle a erré longtemps entre les enfants et les simples, entre les poètes et les fous ! Elle éclate enfin lumineuse dans un génie, et elle le rend héroïque : elle l'embrase de dévouement, d'amour et de sacrifice. Il la place sur son coeur, et va à travers les lions. De là ce spectacle étrange que je voyais tout à l'heure ; de là cette farce sublime et terrible. Voyez comme il a peur, comme il passe humble et tremblant ! Comme il serre, il cache, il presse ce je ne sais quoi qu'il porte. Ah ! Ce n'est pas pour lui qu'il tremble ! Peur glorieuse, peur héroïque ! Ne voyez-vous pas qu'il porte le salut du genre humain ? »
Notre époque, madame, croyait avoir enfin conquis la liberté de la conscience et de la pensée, mais c'était de sa part une illusion. Le spectre du passé reparaît et l'homme de la nuit se voit armé de toutes pièces pour anéantir l'homme du jour.
Il le guette pour le poursuivre dans ses intérêts, ses affections, son honneur.
Quiconque refuse de s'abdiquer, de prendre un masque, rompt avec toutes les espérances et toutes les sécurités de la vie. Professeur, il perdra sa chaire ; médecin, avocat, négociant, il perdra sa clientèle ; homme politique, il sera exposé à l'exil ; écrivain il se verra condamné à la prison, à l'amende ou écrasé sous le sarcasme4. Oui, après tant de luttes et de victoires que l'on croyait définitives, la bataille recommence sur toute la ligne, et les âmes, pour se tenir debout, ont encore besoin d'être intrépides.
Si la comparaison ne risquait de pécher par excès de grâce, je comparerais notre humanité terrestre à un oranger, où l'on voit simultanément des oranges mûres, des oranges vertes et des boutons en fleurs.
Les oranges mûres nous représentent les Esprits les plus avancés qui frayent aux autres, à travers la neige ou les ronces, le chemin de tous les progrès. Ceux-ci ont un tort : celui d'avoir mûri trop vite, ou vécu trop tôt. Ils sont ordinairement incompris et traités de fou. Ainsi furent traités Christophe Colomb, Bernard Palissy, Jenner, Papin, Fulton, et tant d'autres. Pilate, vous le savez, envoya Jésus à Hérode qui le pria de divertir sa cour par quelques miracles. Jésus n'ayant répondu à ces prétentions frivoles que par un mépris souverain, Hérode le fit revêtir d'une robe blanche, en le traitant d'insensé. Or Jésus, ainsi traité par ce roi, nous représente le génie traité de fou, dans tous les siècles, par la sottise.
Les oranges vertes sont le symbole des Esprits moyens qui ont déjà quelques lueurs, mais qui se familiarisent facilement avec tous les abus dont ils ne souffrent guère, et s'en tiennent au convenu pour ne pas se compromettre. Ceux-là constituent le monde comme il faut, le monde correct, paisible, passablement égoïste et très conservateur. Ce monde-là veut l'ordre à tout prix, sans trop se soucier de la liberté, et n'a guère que du mépris pour les idéologues. Il n'aurait pas arrêté le Christ au jardin des Oliviers, mais, s'il l'avait vu entre deux gendarmes, il aurait murmuré tout bas : « Pour que l'autorité le traite ainsi, il faut que cet homme ait fait un coup5. »
Quant aux boutons en fleurs, ils représentent la foule ignorante, trop nombreuse, hélas ! Qui tourne à tout vent, et se met du côté de ses oppresseurs pour écraser de son pied lourd ceux qui voulaient l'affranchir.
Un prêtre, l'héroïque Jean Huss, était sur son bûcher dont les flammes commençaient à lui lécher les pieds. Il vit venir une vieille femme, une dévote de ce temps-là, qui ployait sous un fagot de bois sec. Elle voulait, la chère âme, gagner quelque mérite, en contribuant, pour sa part au supplice de l'hérétique. Le martyr eut pour elle un regard de compassion et s'écria : « O sainte simplicité ! »
A force d'être sainte, madame, cette simplicité est souvent incorrigible et d'autant plus meurtrière. Si le fanatisme est terrible, c'est qu'il tue le remords, à force de pervertir la conscience. Or le fanatisme n'est guère possible sans cette simplicité qui s'appelle l'ignorance. La femme, de sa nature, est on ne peut plus sensible, et son coeur la dispose à endurer facilement, vous le savez, le noble tourment de la pitié. Cependant la femme, à toutes les époques de l'histoire s'est montrée cruelle pour les initiateurs et de nos jours encore elle est la complice redoutable des ennemis de la liberté. C'est que la femme est aveugle et se figure que le mot d'ordre des princes des prêtres est le mot d'ordre de Dieu.
Le Christ savait combien il en coûte pour faire pénétrer une idée un peu élevée dans certaines âmes « simples », voilà pourquoi il a prononcé cette parole étonnante et sévère : « Ne jetez pas les perles aux pourceaux ». Il aurait voulu répandre à flots la lumière dont il était le foyer, mais il sentait que ses auditeurs en seraient scandalisés, à force d'en être éblouis. De là ces paraboles, ces réticences, qui révélaient les ménagements exquis d'une mère pour la candeur de ses enfants.
La révélation, quoi qu'on en dise, est progressive, et se proportionne au degré d'avancement des Esprits qui la reçoivent. Depuis les temps les plus reculés, deux doctrines ont eu cours dans l'humanité : la doctrine scientifique et la doctrine symbolique ; celle des « initiés » pour qui on
levait le voile, et celle de la multitude naïve, à qui on jetait en pâture la légende ou la mythologie. Les traditions élevées de la Kabbale se perpétuaient à côté des livres canoniques des Juifs ; les
Brahmanes de l'Inde en savaient plus qu'ils n'en livraient aux Soudras ; les prêtres de l'Egypte se moquaient entre eux du bœuf Apis, et les sages de la Grèce n'avaient qu'un respect médiocre pour les dieux de l'Olympe.
De même qu'on voit dans le règne animal des aigles et des mollusques, de même on voit dans l'humanité de grands et de petits Esprits. Les premiers réclament la vérité toute nue, et les grands horizons ; les autres veulent le demi-jour, les formes sensibles, la lettre précise et les prescriptions minutieuses. On comprend dès lors que la même religion, au moins dans la forme extérieure, ne peut pas plus convenir à toutes les âmes que le même habit à tous les corps. Le christianisme lui-même, malgré la popularité de son enseignement, n'est pas compris de la même manière par une fermière de la Basse-Bretagne que par Leibnitz, Bossuet ou Malebranche.
La vérité, ou la vraie philosophie, a dû rester, pendant de longs siècles, le patrimoine du très petit nombre sur notre terre, parce que les Esprits supérieurs n'y apparaissaient que comme de rares égarés. Ainsi s'explique la triste destinée de ceux qui ont été, parmi nous, la plus belle incarnation du génie. La plupart des grands hommes ont dû en appeler à la postérité, et lui confier l'honneur de réparer l'ingratitude ou l'injustice de leurs contemporains.
Cependant leur passage n'a point été stérile, car le monde commence à moissonner dans le sillon qu'ils ont creusé au prix de tant de labeurs. La vérité, si longtemps aristocratique, devient démocratique, la lumière malgré bien des entraves, pénètre dans les masses par toutes les fissures, et le peuple est moins facile à tromper.
Tout se remue, tout fermente dans cette cuve immense qui se nomme Paris, l'infernal et le divin. On n'a pas tort de l'appeler la capitale du monde, car elle en est tout à la fois l'égout et le soleil. C'est là que toutes les hontes se cachent, mais c'est de là aussi que partent tous les rayons. Si le vice y cherche sa pâture, toute gloire s'y fait sacrer. Et, phénomène miraculeux, Paris est assez grand pour être incompressible. On peut le surprendre par une nuit sombre, et l'inonder de prétoriens, on ne brisera jamais ni sa pensée ni sa parole, on n'étouffera jamais son formidable rire. Or, tant que Paris parle, le monde ne peut s'endormir, et quand il s'avise de rire, il tue toutes les tyrannies.
« Il faut des qualités supérieures pour comprendre le génie et la vertu, a dit Chateaubriand.
Rien n'est plus exact et cet aphorisme explique pourquoi les précurseurs ne peuvent être compris, tout de suite, par leurs contemporains.
Il semble bien que le recul des années soit nécessaire pour que les idées saines et la vérité arrivent à triompher de l'ignorance et de la sottise. Sans éducation préalable, aucun cerveau n'est apte à recevoir la vérité.
Reconnaissons, cependant, qu'à tous les degrés de l'échelle sociale, on trouve des êtres de bonne volonté et bien que leur nombre soit relativement restreint, il sera suffisant, quand on le voudra sérieusement, pour imposer sans violence et avec toute la douceur désirable, les idées généreuses et logiques qui donneront une vigoureuse impulsion à la Vérité.
Parmi les qualités supérieures, la douceur est celle sur laquelle on peut s'appuyer le plus fermement.
C'est par la douceur que le Christ s'est imposé. C'est par la douceur que ses premiers disciples ont à leur tour dominé les foules et c'est pourquoi, madame, les femmes sont appelées à jouer un grand rôle, du jour où elles auront définitivement rejeté les chimères du passé et ouvert leurs intelligences à la lumière que la science et la raison font jaillir de toutes parts, parce que les femmes sont et doivent être, en toutes circonstances, des êtres de douceur.
Jusqu'ici, il faut avoir le courage de l'avouer, les femmes ont été, presque toujours, les plus fidèles alliées de l’obscurantisme ; elles ont prêté une oreille trop attentive aux suggestions mauvaises que les suppôts du mensonge ont, de tout temps, murmuré à leurs oreilles trop confiantes. Par la femme et à cause d'elle, bien souvent les grandes convulsions ont secoué les peuples et l'esprit de mensonge a dominé l'esprit de vérité, car la femme a été trompée odieusement par ceux-là même qui auraient dû lui montrer les horizons magnifiques où la Vérité fait briller son éternelle et puissante lumière.
L'auteur de « l'Esprit Consolateur » a parfaitement compris le rôle joué par la femme au cours des siècles, mais je suis certain qu'on peut heureusement et utilement modifier leur éducation, afin de les préparer au rôle bienfaisant où elles excelleront dans l'avenir.
La légende naïve du paradis terrestre où la femme se laisse tenter, et la légende plus haute de Marie, mère du Sauveur, représentent les deux termes extrêmes du rôle dévolu à la femme. Qu'on ne s'y trompe pas, ce sont les femmes qui sauveront le monde et qui une fois de plus, telles les Sabines antiques, sépareront les hommes assoiffés de carnage et armés les uns contre les autres.
Mais alors, elles auront acquis ces qualités supérieures dont parle Chateaubriand et comprenant le génie et la vertu, elles ne pourront qu'être les servantes dévouées de la Vérité magnifique qu'elles inculqueront à leurs enfants.
A ce moment-là, madame, une paix bienfaisante et sûre régnera sur notre globe. Tous les peuples unis s'entraideront et s'aimeront. La vérité sans la contrainte et dépouillée de toutes les hypocrisies régnera partout sur la Terre enfin délivrée de la superstition, de l'erreur, des dogmes ridicules et surannés nous présentant une divinité odieuse, toujours courroucée, prête à se venger et dont la haine semble trouver une force nouvelle dans le silence ténébreux des cloîtres où se déroulent constamment les rites funèbres et misérables d'une religion de sang, pour consolider la puissance de l'obscurantisme qui couvre encore de son voile horrible les masses abêties par la crainte et la frayeur des châtiments éternels.
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