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 L'enfer devant la raison

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jean-pierre Abel



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MessageSujet: L'enfer devant la raison   L'enfer devant la raison Icon_minitimeLun 16 Nov - 10:37

Bonjour tout le monde,
Je vous propose la lecture la lecture de l’article : L'enfer devant la raison, proposé par doctrinespiritenimes.over-blog.com, le 15 Novembre 2020, Rédigé par Un spirite dans #Allan Kardec, #Centre Spirite, #Croyance, #Doctrine Spirite, #Médiumnité, #Philosophie Spirite, #Réincarnation, #Science, #Spiritisme
Bonne Lecture
Paul BODIER Étude documentaire sur le livre L'Esprit consolateur ou nos destinées,
L'enfer devant la raison
C'est une joie, pour le philosophe, de chercher à développer de plus en plus sa raison. En vous efforçant de faire ainsi, vous arriverez, chère madame, à une compréhension de plus en plus large des immortelles vérités, et votre âme allégée de lourdes chimères, sera prête et confiante pour poursuivre son éternelle ascension.
On vous dit, madame, « que les impies seuls contestent le dogme de l'enfer éternel, parce qu'ils ont intérêt à nier les châtiments qu'ils se préparent. » Je connais ce refrain pour l'avoir bien souvent répété moi-même, mais pourquoi se faire illusion ? Les « impies » ne se donnent plus la peine de nier l'enfer, ils n'y pensent pas. Les enfants candides, les femmes tendres et compatissantes, les hommes croyants et généreux, voilà ceux que le dogme terrible révolte bien plus encore qu'il ne les épouvante, parce qu'ils sentent d'instinct que ce dogme est absolument incompatible avec l'idée qu'ils se font de la bonté divine.
Quant au penseur sérieux, il se contente d'opposer à toutes les arguties de la scolastique le raisonnement que voici : Dieu ne peut infliger des tourments infinis qu'à des coupables dont le crime est infini ; or l'homme étant un être fini, ne peut commettre un crime infini. Ou bien encore : un Dieu infiniment miséricordieux ne peut être infiniment vindicatif ; or Dieu serait infiniment vindicatif s'il punissait par des supplices éternels le péché de sa créature, donc votre dogme est un blasphème.
Les théologiens, je le sais, ont réponse à tout. La miséricorde, disent-ils, s'exerce pendant la vie, mais elle finit avec elle pour faire place à la justice. Or, c'est précisément ce qu'il faudrait prouver. Ou le coupable se repent après la mort, et Dieu serait cruel s'il lui refusait le pardon après le châtiment ou Dieu, par un miracle, le fixe dans le mal en l'obligeant à le maudire toujours, et alors on se demande comment on peut aimer un pareil Dieu ? Ceci paraît d'autant plus évident qu'il ne peut souffrir du péché de l'homme. Si quelqu'un viole à notre égard les lois de la justice, nous pouvons en souffrir dans nos biens, dans notre honneur ou dans notre personne ; mais il n'en est point ainsi du Très-Haut : en l'offensant, le pécheur ne nuit qu'à lui-même. On a vu bien des hommes assez généreux pour pardonner, à leur dernier soupir, aux malheureux qui leur ôtaient la vie, et l'on voudrait que Dieu restât éternellement inflexible à propos d'une offense qui n'a pu troubler un instant son immuable sérénité ! C'est à bouleverser de fond en comble l'idée que nous avons conçue de la bonté suprême de celui que nous appelons le bon Dieu ! Vous avez lu l'histoire de l'Inquisition, madame, et vous avez frémi, dites-vous, en voyant des moines qui avaient bu le matin au saint autel le sang de Jésus-Christ, condamner froidement de pauvres victimes à la torture et au bûcher, avec la conviction de les envoyer par-là même dans les flammes éternelles. Vous vous demandiez avec angoisse comment le coeur de ces hommes a pu se montrer capable de pareils raffinements dans le supplice, d'une semblable sérénité dans la cruauté ? Hélas ! Ces moines n'étaient pas des hommes : c'étaient des prêtres célibataires, qui croyaient à l'infaillibilité d'Alexandre VI, et à l'éternelle colère d'un Dieu fait à leur image.
Ces inquisiteurs, vous le savez, ont poursuivi, exterminé avec une rage persévérante les manichéens si connus sous le nom d'albigeois. Or, quel était le crime de ces hérétiques ? Ils croyaient, dit-on, à l'existence de deux principes indépendants, le principe du bien Ormuz, et le principe du mal Arrhiman, tout en affirmant le triomphe du premier sur le second. Eh bien, les inquisiteurs ne se sont point aperçus que le dogme de l'enfer éternel consacre cet effroyable dualisme reproché aux manichéens, et cela pour toujours. Il nous montre, pendant les siècles des
siècles, Dieu qui se venge aux applaudissements des élus, et Satan qui l'insulte aux applaudissements de ses légions.
Les théologiens sérieux avouent, du reste, que la raison est impuissante à rendre ce dogme acceptable, et qu'il n'a d'autre fondement solide que certains textes sacrés. Quelques paroles de Jésus-Christ semblent assez formelles, en effet, surtout si on les isole des commentaires qui ont pu les accompagner. Mais ces paroles, fussent-elles parfaitement authentiques, ne sauraient rendre vrai ce qui est impossible. Elles prouveraient que Jésus a voulu frapper la multitude par de fortes images, et rien de plus. Moïse, ayant affaire à un peuple dépravé, « à tête dure », cherchait à le maintenir dans le devoir par la crainte des châtiments corporels, sans dire un mot des peines d'outre-tombe et de l'immortalité de l'âme.
A l'apparition du Christ, l'humanité avait fait quelque progrès : aussi le Christ eut pour elle une révélation plus complète, plus spirituelle, revêtue d'une sanction moins grossière quoique plus terrible. Il menace les méchants endurcis de cette sentence : « Allez, maudits, au feu éternel. » Mais il dit aussi que ces méchants « seront jetés dans la Géhenne ». Or la Géhenne était une voirie où l'on jetait les immondices. Jésus employait ainsi tantôt la métaphore, tantôt la parabole, pour mieux frapper l'esprit des multitudes qui l'entouraient : pourquoi pas l'hyperbole ?
Ce mot de Géhenne ou de voirie, du reste, peut contenir une sublime révélation. La création matérielle n'est qu'un immense laboratoire, où les mondes se forment et s'épurent par un travail incessant. De cette élaboration résultent d'une part des mondes plus beaux, plus raffinés, plus lumineux, mais d'autre part des non-valeurs, des scories qui tombent dans la voirie. Ces éléments grossiers, élaborés de nouveau par le feu, forment des mondes inférieurs. Or dans le monde des Esprits une élaboration parallèle s'opère par la grâce et la liberté. Les âmes qui s'épurent en suivant le Christ montent aux régions lumineuses, tandis que les âmes criminelles tombent dans les bagnes obscurs, les enfers formés dans la voirie. Ce sont « des réprouvés », c'est-à-dire des scories spirituelles qui ont besoin de repasser par le creuset. Ce creuset se compose des scories matérielles désagrégées, élaborées de nouveau par le feu.
La théologie vulgaire reste à cheval sur le mot « éternel », sans songer que cette locution est employée souvent dans les Ecritures pour signifier une durée très longue. Ainsi le Psalmiste nous parle de « montagnes éternelles » l'Ecclésiaste nous dit que la Terre est fondée « pour l'éternité » tandis que Moïse affirme que « la miséricorde du Seigneur régnera éternellement, et au delà ». Il me semble, d'après de pareils exemples, qu'on peut formuler cette conclusion : Jésus se mettait à la portée de ses auditeurs en parlant de l'enfer, comme l'auteur du livre des Juges, se mettait à la portée de ses contemporains, en disant que Josué arrêta le soleil.
Après tout, comme Dieu « opère sans cesse », on peut dire qu'il y aura toujours des âmes sur le chemin de l'épreuve, et que, parmi ces âmes, il y en aura toujours qui s'obstineront plus ou moins dans le mal. On peut donc supposer que, parmi les mondes qui peuplent l'espace, il y aura toujours des mondes inférieurs qui serviront de creuset aux méchants. Ces creusets pourront être « éternels » comme le mal, mais le Christ ne dit pas que les mêmes victimes y séjourneront toujours.
Avouez-le, madame, quand on contemple la ravissante physionomie de Jésus ; quand on médite les paraboles si touchantes du bon Pasteur, du bon Samaritain et de l'enfant prodigue, il est bien difficile de croire que, seul, parmi tous les législateurs sacrés, ce doux Sauveur ait voulu promulguer un dogme si révoltant.
D'ailleurs le symbole des Apôtres nous oblige à croire, non pas à la mort éternelle, mais à la vie éternelle.
On prétend que cet épouvantail est indispensable pour opposer une digue aux passions, mais on se trompe. L'enfer du moyen âge peut effrayer encore quelques âmes simples et candides,
précisément celles dont le monde n'a rien à redouter, mais il n'arrête, sur la voie du crime, aucun scélérat. Les assassins et les voleurs craignent les gendarmes bien plus que les démons, et le jeune homme est préservé par le souvenir de sa fiancée bien plus que par la crainte des brasiers. Un enfer rationnel peut être un frein, parce qu'on peut y croire ; mais un enfer qui révolte la conscience n'en est pas un, parce qu'on n'y croit plus. Les bons chrétiens eux-mêmes n'en sont plus guère persuadés, et c'est peut-être ce qui leur permet d'être tolérants, car « il n'est pas facile de vivre en paix avec des gens que l'on croit damnés ».
Qu'on ne s'y trompe pas, une législation qui n'a d'autre but que d'inspirer la peur, manque à peu près toujours la fin qu'elle se propose. Les âmes courbées par la terreur finissent bientôt par s'amortir. Rien de rampant comme un peureux, rien de stérile comme un trembleur. D'ailleurs, on doit le dire à l'honneur de la nature humaine, elle obéit par amour bien mieux que par la crainte, et il n'est pas si facile de l'épouvanter qu'on pourrait le croire.
Les pénalités, sous l'ancien régime, surtout au moyen âge, n'étaient pas seulement injustes, arbitraires, elles étaient atroces. On rouait, on écartelait, on brûlait et les crimes allaient se multipliant. On croyait effrayer par le raffinement des supplices, mais l'expérience a montré qu'on se trompait. La multitude allait chercher dans ces affreux spectacles des émotions poignantes bien plus que l'horreur du crime si cruellement expié, et l'on plaignait le coupable au lieu de prendre parti pour la justice.
Or, Dieu connaît mieux que nous le coeur de l'homme : il n'a donc pu compter sur les brasiers éternels pour prévenir ou dompter ses rébellions.
Quand le prêtre, moins courbé sous le joug de la curie, cessera de méconnaître les bienfaits de la foi éclairée, il consacrera ses efforts à élever l'âme du peuple en le prenant par son côté généreux ; il lui prêchera la justice, la patience, le pardon. Il lui parlera un peu moins du pape et un peu plus de Jésus-Christ ; il lui montrera surtout le ciel, et se gardera bien de lui montrer l'enfer.
C'est en vain qu'il voudrait s'abuser encore en fermant les yeux, et suivre Rome qui voudrait dominer le monde par la compression et la terreur. Le cauchemar disparaît, le fantôme s'évanouit, et les enfants eux-mêmes n'ont plus peur du diable. La raison reprend son empire en refoulant les ténèbres, et comme l'a proclamé le génie inspiré de nos pères : « Trois choses se renforcent de plus en plus, la tendance vers elles devenant toujours plus grande : l'amour, la science et la justice ; trois choses s'affaiblissent de plus en plus, l'opposition contre elles devenant toujours plus grande : la haine, l'injustice et l'ignorance. »
Les penseurs qui s'efforcent de répandre les idées si bien exprimées ci-dessus, n'ont que bien peu de mérite à cela. Dieu merci, chère madame, l'Inquisition n'allume plus les bûchers. Ce n'est peut-être pas l'envie qui en manque à certaines gens qui regrettent de ne pouvoir recommencer à exercer les sanglantes vengeances d'antan.
Il faut reconnaître, j'ai eu la joie de le constater bien des fois, que les ministres des diverses religions sont devenus et deviennent de jour en jour plus tolérants.
Bien que forcés de se plier aux disciplines rigoureuses de leurs Eglises, ils essayent de concilier, dans toute la mesure possible la raison avec la foi imposée et naïve d'antan. La liberté de conscience est ainsi plus respectée. Les intransigeants, les sectaires de la foi imposée se contentent de comploter dans l'ombre et nous avons seulement à supporter, bien souvent, leurs hypocrisies, leur traîtrise et leurs railleries.
Mais ceci importe peu aux chercheurs honnêtes qui ne sauraient avoir de haine, puisqu'ils veulent seulement le triomphe de la vérité.
« Les chiens aboient et la caravane passe » dit un proverbe arabe.
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